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Adaptation climatique: Clément Gaillard accélère l’urbanisme
Lauréat 2026, Clément Gaillard (Freio) met l’adaptation climatique au cœur des projets urbains: îlots de fraîcheur, gestion des eaux et chantiers sobres.
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- N° 26/10
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Clément Gaillard, un urbaniste aux avant-postes de l’adaptation climatique
Du cœur de la Bourgogne aux quartiers en mutation de Montpellier, le parcours de Clément Gaillard suit un fil rouge clair : faire du climat un moteur de décision dans l’urbanisme. Avec Freio, le bureau d’études qu’il a fondé, il accompagne collectivités, aménageurs et entreprises pour concilier projets urbains, sobriété carbone et confort d’usage.
Distingué au Palmarès des jeunes urbanistes 2026, il incarne cette nouvelle génération qui veut accélérer la transformation des pratiques. Objectif : passer du discours à l’action, rue par rue, chantier par chantier, pour bâtir des villes résilientes face aux canicules, aux pluies intenses et à la raréfaction de l’eau.
De la Bourgogne à Montpellier : un parcours orienté solutions
Né en Bourgogne, Clément Gaillard a d’abord arpenté de petites centralités où l’on mesure concrètement l’impact des îlots de chaleur et de l’imperméabilisation. Formé à l’urbanisme et à la géographie, il a travaillé au contact des territoires, puis intégré des équipes pluridisciplinaires mêlant paysagistes, ingénieurs VRD et architectes.
Installé à Montpellier, il choisit de placer l’adaptation climatique au cœur de sa pratique. Le sud méditerranéen lui offre un terrain d’expérimentation stimulant : sols secs l’été, orages brefs mais violents, besoins aigus en îlots de fraîcheur. Cette expérience nourrit une méthode pragmatique qu’il diffuse aujourd’hui via Freio, un bureau d’études dédié à l’urbanisme bioclimatique.
Son crédo est simple : chaque décision d’aménagement doit être lisible dans ses effets sur la chaleur, l’eau, l’énergie et les usages. Et chaque prescripteur du BTP doit disposer d’outils opérationnels pour agir vite et bien.
Freio, un bureau d’études pour des cadres de vie sobres et confortables
Chez Freio, l’approche se veut résolument opérationnelle. Le bureau d’études conçoit des stratégies et livre des pièces techniques directement mobilisables par les maîtrises d’ouvrage, les lots VRD et les entreprises de paysage. L’objectif est d’aligner programmation, conception et exécution autour d’indicateurs climatiques clairs.
Des prestations orientées chantier
- Diagnostics climatiques de site : cartographie des îlots de chaleur, albédo des revêtements, vent dominant, ombrage, perméabilité existante, stress hydrique des sols.
- Plans-guides bioclimatiques : trame fraîcheur, continuités végétales et bleues, gabarits et orientations bâties, matériaux recommandés, phasage pour limiter l’emprise carbone.
- AMO bas-carbone : objectifs chiffrés, clauses environnementales dans les marchés, variantes techniques, suivi des indicateurs (perméabilité, canopée, émissions chantier).
- Schémas de gestion des eaux pluviales fondés sur l’infiltration et la rétention à la source (SUDS), dimensionnement de noues, fosses d’arbres, chaussées à structure réservoir.
- Trames arborées performantes : choix d’essences adaptées, volumes de sols utiles, substrats, arrosage raisonné, plan de maintenance pour garantir la longévité des plantations.
- Conseil matériaux : réemploi, granulats recyclés, liants bas carbone, sols stabilisés perméables, dalles alvéolées, bois et biosourcés en espace public.
Ces livrables sont pensés pour passer sans couture du plan à la pelle : détails constructifs, métrés estimatifs, fiches techniques, et critères simples pour faciliter la lecture des CCTP par les entreprises.
Méthodes et outils : de la donnée climatique aux solutions de terrain
La méthode Freio combine données locales et retours d’expérience. L’idée n’est pas de multiplier les modèles, mais d’outiller la décision avec des seuils concrets. Le bureau d’études propose des grilles lisibles par les chefs de chantier et les conducteurs de travaux.
Repères techniques actionnables
- Îlots de chaleur : viser 40 à 60% de surfaces perméables à l’échelle d’îlot. Augmenter l’albédo des revêtements clairs. Installer des ombrières légères sur cheminements sensibles.
- Arbres et sols : 20 à 30 m3 de sol structuré par arbre de rue. Fosses connectées, arrosage par cuve enterrée ou système passif. Paillage minéral en zone sèche.
- Pluie intense : infiltration prioritaire. Noues basses, bordures franchissables, chaussées réservoir. Déconnecter les toitures vers des jardins de pluie.
- Matériaux : privilégier réemploi in situ, bétons bas carbone, enrobés tièdes, liants alternatifs. Mesurer l’empreinte via des ordres de grandeur ACV simplifiés.
- Confort d’usage : multiplier les points d’eau accessibles, bancs à l’ombre, cheminements ventilés. Prévoir des micro-ombrages végétaux et des protections temporaires en phase chantier.
En parallèle, des check-lists facilitent le suivi : gestion des déblais-remblais, taux de réutilisation sur site, plan de circulation chantier bas carbone, limitation des arrosages en eau potable, et maintenance des jeunes arbres sur 3 ans.
Ce que cela change pour les artisans et les entreprises du BTP
La « fabrique de la ville » évolue vite. Pour les entreprises de VRD, de paysage, de gros œuvre ou de second œuvre, ce mouvement ouvre des marchés mais impose des compétences nouvelles. La demande se déplace vers l’adaptation climatique et la sobriété carbone, deux leviers où l’expertise de terrain fait la différence.
Opportunités à saisir dès maintenant
- VRD et étancheurs : spécialisez-vous dans les SUDS. Savoir dimensionner des noues, implanter des chaussées réservoir et poser des bordures franchissables est un atout concurrentiel.
- Paysagistes : montez en compétence sur les sols urbains. Volumes utiles, substrats drainants, systèmes passifs d’arrosage. Proposez des contrats de maintenance climatique.
- Maçons et terrassiers : maîtrisez les matériaux perméables. Dalles alvéolées, stabilisés drainants, granulats recyclés. Intégrez des objectifs de réemploi dans vos offres.
- Charpentiers et menuisiers : développez des kits d’ombrage démontables pour cours d’école, places ou terrasses. Solutions rapides, low-tech et réversibles.
- Conducteurs de travaux : mettez en place des plans de chantier sobres. Mutualisation des approvisionnements, engins à faibles émissions, gestion fine des eaux de lavage.
Sur le plan commercial, appuyez vos propositions sur des indicateurs simples : pourcentage de perméabilité créé, volume de sol utile par arbre, tonnes de matériaux réemployés, kWh économisés sur l’éclairage grâce à l’ombrage. Les maîtres d’ouvrage recherchent des preuves tangibles.
Côté formation, ciblez des modules courts : ACV de base, dimensionnement SUDS, sols structurés, biosourcés en espace public, sécurité et confort en canicule. Ces acquis techniques, valorisés dans les mémoires techniques, font souvent la différence à l’attribution.
Une reconnaissance en 2026 et une vision claire de la ville résiliente
La distinction au Palmarès des jeunes urbanistes 2026 confirme la pertinence de l’approche portée par Clément Gaillard. Mais au-delà de la récompense, il s’agit d’une feuille de route : démocratiser les réflexes bioclimatiques et faire de la sobriété un critère de qualité urbaine.
Sa vision se résume en trois axes : fabriquer des îlots de fraîcheur utiles au quotidien, organiser une gestion des eaux pluviales à ciel ouvert et prioriser des matériaux bas carbone faciles à mettre en œuvre. Le tout avec une exigence de réversibilité des aménagements pour s’adapter dans le temps.
Pour les collectivités comme pour les entreprises, la clé est de stabiliser des standards de chantier compatibles avec le climat à horizon 2030. Cela passe par des CCTP plus précis, des métriques partagées et une culture de la preuve sur les performances réelles des aménagements.
Conclusion: passer à l’action, métier par métier
Réconcilier villes et climat n’est pas une option. C’est une méthode de travail qui s’apprend et se diffuse. En structurant des outils opérationnels, Clément Gaillard et Freio montrent qu’il est possible d’aligner conception, exécution et entretien autour d’objectifs simples et mesurables.
Aux artisans et entrepreneurs du BTP, la feuille de route est claire : se former, documenter, mesurer. Commencez par un inventaire de vos solutions « fraîcheur et perméabilité », valorisez vos références, et proposez des variantes climatiques dès l’offre. Ce sont ces gestes, répétés de chantier en chantier, qui feront des villes des lieux vivables malgré la montée des chaleurs et l’intensification des pluies.
La transition climatique de la fabrique urbaine s’écrit maintenant. Elle s’écrira avec celles et ceux qui transforment concrètement le sol, l’eau, l’ombre et les matériaux. C’est là que le BTP a rendez-vous avec la ville résiliente.
Source · Batiactu



