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Réglementation

Confort d’été : RE2020 et DPE, cap sur le rafraîchissement actif

Canicules: Équilibre des énergies veut adapter RE2020 et DPE pour reconnaître le rafraîchissement actif. Enjeu BTP: pré-équipement et systèmes réversibles.

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N° 13/10
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Réglementation
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Batiactu
Confort d’été : RE2020 et DPE, cap sur le rafraîchissement actif

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Confort d’été: Équilibre des énergies pousse à réviser la RE2020 et le DPE

Face aux canicules à répétition, une nouvelle ligne se dessine dans la politique du logement. L’association Équilibre des énergies, présidée par l’ancien ministre Dominique Bussereau, invite les pouvoirs publics à reconnaître le rafraîchissement actif comme une nécessité et non plus une option marginale. Son objectif: adapter la RE2020 et le DPE pour construire plus, moins cher et plus confortable en été.

Pour les artisans, bureaux d’études et entreprises du BTP, ces orientations ouvrent des débouchés concrets: pré-équipement des logements, choix de systèmes réversibles, protections solaires, gestion intelligente. Tour d’horizon des propositions et de leurs impacts opérationnels sur chantier.

Pourquoi le rafraîchissement actif devient incontournable

La RE2020 privilégie aujourd’hui la prévention de la surchauffe par des solutions passives: protections solaires, inertie, ventilation nocturne. C’est indispensable, mais souvent insuffisant pour des typologies sensibles: logements compacts, derniers étages, petites surfaces exposées, orientations défavorables ou zones méditerranéennes. Le fameux indicateur de confort d’été (DH) témoigne du vécu des occupants: quand les seuils sont dépassés, la santé et l’usage quotidien sont en jeu.

Équilibre des énergies plaide pour une stratégie de refroidissement active, calibrée et sobre. L’idée n’est pas de climatiser à outrance, mais d’autoriser, et même d’encourager, les solutions à haut rendement quand les mesures passives ne suffisent pas. Les pompes à chaleur (PAC) réversibles, plafonds rayonnants rafraîchissants, ventilo-convecteurs très performants ou brasseurs d’air couplés à une VMC efficace peuvent limiter les pics, avec une consommation maîtrisée.

Le contexte économique compte aussi. En imposant des arbitrages coûteux pour rester “tout passif”, certains projets dérapent en prix ou perdent en qualité d’usage. Une réglementation plus souple donnerait de l’oxygène aux maîtres d’ouvrage et aux entreprises, sans renier l’ambition carbone de la RE2020.

RE2020: des assouplissements ciblés pour construire plus et moins cher

L’association formule plusieurs axes de réforme de la RE2020, pensés pour conjuguer confort d’été, coût de construction et sobriété énergétique. Parmi les pistes discutées:

  • Reconnaissance du rafraîchissement efficient: ne plus pénaliser, dans le Cep, les systèmes de froid à très haut SEER/ηs lorsque le besoin est avéré. En pratique, un “forfait froid efficient” ou un coefficient atténué pourrait s’appliquer si la conception atteint un socle de solutions passives (protections solaires, facteurs solaires maîtrisés, ventilation nocturne prouvée).
  • Adaptation de l’indicateur DH: garder des seuils ambitieux, mais autoriser le rattrapage par un rafraîchissement actif piloté, avec plafonnement de puissance et gestion par consigne. Objectif: éviter les surdimensionnements et lisser les pointes électriques estivales.
  • Valorisation de l’autoconsommation PV: mieux intégrer, dans le calcul réglementaire, la couverture des besoins de froid par le photovoltaïque en autoconsommation. En été, la coïncidence production/besoins est forte, ce qui soutient l’argument d’un froid “utile et raisonnable”.
  • Pré-équipement systématique et économique: autoriser des voies de conformité simples si les logements sont livrés avec réservations, alimentation électrique dédiée, évacuation de condensats et passage de liaisons frigorifiques. Coûts contenus, interventions ultérieures facilitées, et moins de percements en rénovation.
  • Approche par typologie: permettre un traitement différencié des petites surfaces et des derniers étages, plus exposés à la surchauffe. Des exigences de confort adaptées, combinées à des garde-fous de performance, éviteraient les solutions lourdes et onéreuses.
  • Acoustique et implantation: clarifier les règles d’implantation des groupes extérieurs (balcons, toitures, cours) et des réseaux DRV/VRF pour le collectif, avec des référentiels acoustiques praticables, afin de lever des blocages en permis et en maîtrise d’œuvre.

Ces assouplissements ne visent pas à “ouvrir les vannes”, mais à outiller les concepteurs. Dans bien des cas, le meilleur bâtiment de demain est celui qui combine protections solaires, enveloppe sobre, ventilation performante et un appoint de rafraîchissement aussi précis qu’un scalpel.

Impacts sur les chantiers: ce que les pros doivent préparer

Si ces orientations se confirment, artisans et PME du bâtiment pourront proposer des offres claires, compétitives et standardisées. Quelques repères pour sécuriser les devis et l’exécution:

  • Pré-équipement en neuf: passerelles techniques, fourreaux, attentes électriques et évacuation de condensats: comptez généralement 12 à 25 €/m² HT, posés en même temps que l’électricité courants faibles. Gain: pose ultérieure des unités intérieures en 1/2 journée par logement.
  • Choix des systèmes: en maison individuelle, PAC air/air gainable ou multi-split réversible (SEER élevé, pilotage pièce par pièce). En collectif, solutions DRV/VRF centralisées, plafonds rayonnants rafraîchissants ou ventilo-convecteurs à eau glacée basse conso, selon la charte acoustique du projet.
  • Dimensionnement sobre: viser la juste puissance pour écrêter les pics et maintenir 26–27 °C en période chaude, plutôt que de chercher 22–23 °C en toutes circonstances. Le confort perçu augmente fortement avec un léger mouvement d’air (brasseurs de plafond, vitesse faible).
  • Régulation et GTB légère: thermostats connectés, sondes d’humidité, blocage des consignes minimales, plages horaires intelligentes. Des packs simples évitent les usages excessifs et améliorent les consommations en DPE.
  • Protections solaires architecturées: stores extérieurs, brise-soleil orientables, volets roulants automatiques couplés à capteurs d’ensoleillement. Le traitement de l’orientation sud-ouest est prioritaire pour réduire les puissances installées.

Côté budgets, une unité intérieure 2,5 à 3,5 kW posée en logement se situe souvent entre 1 600 et 2 800 € HT selon l’accessibilité, le parcours de liaisons et l’acoustique. Les plafonds rayonnants rafraîchissants, plus discrets et homogènes, exigent un soin particulier sur l’hydraulique et la régulation pour éviter la condensation (sondes hygrométriques obligatoires).

En planification, anticipez l’interface gros œuvre/second œuvre: réservations en voile béton, supports antivibratiles, réseaux dissimulés et isolés, pentes de condensats. Un calepinage rigoureux en BIM ou maquette 3D réduit les reprises coûteuses en fin de chantier.

DPE: mieux refléter le confort d’été et l’usage réel

Le DPE actuel est centré sur les consommations conventionnelles de chauffage, ECS et ventilation; l’été y reste secondaire. Équilibre des énergies propose d’introduire des indicateurs lisibles pour les occupants et les bailleurs, afin d’encourager les travaux réellement utiles en période chaude.

  • Un volet “confort d’été” dans le DPE: affichage d’une classe ou d’un pictogramme reposant sur l’orientation, les protections solaires et l’inertie. À confort égal, un logement bien protégé et faiblement climatisé devrait être mieux valorisé qu’un logement surchauffé sans solution.
  • Pondération des systèmes efficaces: prise en compte des SEER/SCOP réels et des régulations intelligentes dans les consommations conventionnelles. Un système piloté, avec plafonds de consigne, doit être mieux noté qu’une installation sans contrôle.
  • Données d’entrée fiabilisées: valorisation des preuves (facteurs solaires de menuiseries, PV en autoconsommation, masques proches), pour éviter les estimations par défaut défavorables.
  • Simplification pour petites surfaces: un chemin de calcul “léger” pour studios et T2, très exposés à la surchauffe, afin de recommander rapidement les actions les plus efficaces: protections extérieures, ventilation nocturne automatisée, appoint réversible sobre.

Pour les professionnels, cela signifie des audits plus utiles, des recommandations mieux hiérarchisées et des travaux mieux acceptés par les occupants et copropriétés.

Bonnes pratiques chantier pour limiter coûts et consommations

  • Commencer par le passif: stores extérieurs, teintes claires, occultations motorisées, joints impeccables et VMC bien équilibrée.
  • Ajouter un rafraîchissement actif efficace, dimensionné pour les pics, pas pour le “grand froid… d’été”.
  • Privilégier les équipements à haut SEER, fluides à faible PRG, et des réseaux courts et isolés.
  • Mettre en place une régulation simple: consigne mini 26 °C, verrouillages locataires, scénarios canicule.
  • Informer l’occupant: gestes de confort d’été, entretien des filtres, gestion des apports internes.

Conclusion: une opportunité à saisir pour la filière

Réviser la RE2020 et le DPE pour intégrer le rafraîchissement actif de manière raisonnée, c’est aligner réglementation, climat et attentes des usagers. Les propositions d’Équilibre des énergies vont dans ce sens: plus de souplesse pour le confort d’été, une meilleure valorisation des solutions sobres et un levier pour contenir les coûts de construction.

Artisans, maintenez une longueur d’avance: structurez vos offres “confort d’été” clés en main, standardisez vos pré-équipements, renforcez vos partenariats avec bureaux d’études et fabricants, et outillez-vous en régulation simple et fiable. La demande va croître. Avec des chantiers bien préparés et des systèmes adaptés, vous livrerez des logements neufs et rénovés à la fois performants, abordables et réellement habitables… même en plein mois d’août.

Source · Batiactu

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