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Marchés & Tendances

Nexity: rebond du logement neuf après 2029, impacts et leviers BTP

Face à -17% chez Nexity et un rebond du neuf en 2029-2030, cap sur rénovation, reconversion de l’existant et préparation d’AO. Leviers et actions clés.

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N° 23/10
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Batiactu
Nexity: rebond du logement neuf après 2029, impacts et leviers BTP

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Nexity anticipe un redressement tardif du neuf: quels impacts et leviers pour les pros du BTP ?

Le marché immobilier neuf traverse une zone de turbulences qui s’installe dans la durée. Malgré un recul de 17% du chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de l’année, la direction de Nexity garde le cap et estime que la véritable relance ne surviendra pas avant 2029-2030. Un horizon lointain, mais pensé comme le point d’arrivée de mesures plus “structurantes” attendues dans le projet de loi de finances 2028 pour dynamiser l’accession à la propriété.

Pour les artisans, TPE et PME du BTP, cette lecture stratégique est un signal à double tranchant: le neuf restera atone, mais des opportunités s’ouvrent dans la rénovation, la transformation de l’existant et la préparation des futurs appels d’offres. Voici les clés pour comprendre la trajectoire du promoteur, les leviers réglementaires en discussion, et surtout les actions concrètes à engager sur le terrain.

Un marché du neuf en crise prolongée: état des lieux et perspectives

Le ralentissement du logement neuf s’explique par un faisceau de facteurs: taux d’intérêt encore élevés, pouvoir d’achat immobilier affaibli, coûts de construction tendus et disponibilité foncière restreinte. Les permis de construire et mises en chantier sont en repli, comprimant le pipeline de programmes et, in fine, les plans de charge des entreprises locales.

Dans ce contexte, Nexity enregistre une baisse de 17% de son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois. La priorité est donnée à la sélectivité des opérations, à l’optimisation du stock et à la sécurisation des préventes en VEFA. Traduction opérationnelle: des lancements plus rares, calibrés pour coller au marché, et une vigilance accrue sur les coûts et les délais.

Le groupe ne table pas sur une amélioration rapide. Les carnets de commandes devront intégrer des cycles de décision plus longs, un financement des ménages encore contraint et des arbitrages locaux sur le foncier. Le message est clair: le creux de cycle se prolonge et les acteurs devront composer avec une activité neuf ralentie jusqu’à la fin de la décennie.

Ce que cela change pour la filière

Pour les entreprises du bâtiment, cela signifie moins de gros chantiers de promotion, plus d’interventions éclatées, et une montée en puissance des marchés liés à l’existant: réhabilitations, mises aux normes et transformations d’usages. Les bailleurs sociaux, l’immobilier intermédiaire et les collectivités deviennent des donneurs d’ordres clés.

2028 en ligne de mire: quelles mesures “structurantes” pour relancer l’accession ?

Si Nexity situe le redressement après 2028, c’est qu’une partie de l’équation dépendra de décisions budgétaires et réglementaires susceptibles de réactiver l’accession à la propriété. Plusieurs pistes, évoquées dans l’écosystème, pourraient redonner de la fluidité aux projets et solvabiliser les ménages.

Des leviers potentiels pour l’accession

  • Renforcement du PTZ: dotations accrues, plafonds ajustés aux réalités de prix, ciblage des zones tendues et assouplissement des critères énergétiques pour le neuf performant.
  • Garantie publique partielle des prêts pour primo-accédants, limitant le risque bancaire et réduisant les taux effectifs pour les ménages modestes et classes moyennes.
  • TVA réduite ciblée sur l’accession sociale et intermédiaire, en complément des dispositifs existants en zones ANRU, afin de contenir le coût final d’acquisition.
  • Évolution des règles HCSF de manière encadrée, pour favoriser des durées de prêt allongées et un traitement spécifique des achats en VEFA bien sécurisés.
  • Accélération foncière via des cessions publiques mieux balisées, du bail réel solidaire (BRS) amplifié et des outils de portage par des organismes fonciers solidaires.
  • Procédures plus fluides pour les autorisations d’urbanisme: numérisation, réduction des délais et stabilité normative pour donner de la visibilité aux coûts.

L’objectif combiné de ces mesures: rétablir une chaîne de valeur prévisible, rendre l’accession possible pour des ménages écartés par la hausse des taux, et sécuriser les préventes nécessaires au lancement des programmes. Une visibilité retrouvée sur la demande débloquerait les chantiers et redonnerait de la profondeur au marché de la construction neuve.

Conséquences immédiates pour les artisans et entreprises du BTP

À court terme, la contraction du neuf exige d’adapter l’offre et la prospection. Les entreprises qui résistent le mieux ont souvent engagé trois virages: diversification, montée en compétences et structuration commerciale.

Axes prioritaires sur le terrain

  • Rénovation énergétique et entretien: capitaliser sur MaPrimeRénov’ et les CEE, proposer des bouquets de travaux (isolation, ventilation, chauffage bas carbone), et viser l’amélioration DPE des logements locatifs.
  • Réhabilitation lourde et changement d’usage: transformer bureaux obsolètes en logements, requalification d’immeubles existants, surélévation raisonnée et extensions en site occupé.
  • Logement social et intermédiaire: se référencer auprès des bailleurs (offres récurrentes, allotissement accessible aux PME) et sécuriser des volumes plus stables que la promotion privée.
  • Marchés publics locaux: écoles, équipements sportifs, petites infrastructures. Anticiper les calendriers budgétaires des collectivités pour lisser le plan de charge.
  • Maintenance et petits travaux: contrats cadres d’entretien, réactivité, et services rapides qui fidélisent la clientèle et génèrent du cash récurrent.

La pression sur les coûts impose aussi d’optimiser la production: achats groupés, standardisation de solutions techniques compatibles RE2020, et suivi rigoureux des délais pour limiter les pénalités. L’enjeu est de préserver les marges malgré des tickets moyens parfois plus modestes.

Se préparer maintenant au rebond 2029-2030: méthodes et financements

Se projeter dès aujourd’hui vers le redressement annoncé, c’est consolider sa structure et gagner des positions. Les carnets de commandes se gagnent des mois en amont: qualification des donneurs d’ordres, réponses rapides et offres différenciantes.

4 actions concrètes à enclencher

  • Prospection ciblée: cartographier les acteurs actifs malgré le cycle (bailleurs, foncières, grands comptes, exploitants). Être visible sur leurs plateformes achats et anticiper les consultations.
  • Groupements d’entreprises: constituer des équipes complémentaires pour franchir des seuils techniques/financiers, répondre en allotissement, et sécuriser des marchés plus structurants.
  • Qualité et labels: valoriser vos références RE2020, biosourcés, bas-carbone, et vos qualifications RGE. Ces preuves facilitent l’accès aux marchés fléchés et aux aides.
  • Pilotage de trésorerie: mobiliser l’escompte, l’affacturage, les garanties Bpifrance et le préfinancement de marchés. Exploiter le paiement direct des sous-traitants pour sécuriser les encaissements.

Côté RH, fidélisez vos équipes clés et planifiez la formation continue (nouveaux matériaux, réemploi, sobriété énergétique, gestion de chantier digitalisée). La capacité à livrer vite et proprement sera déterminante quand les volumes repartiront.

Surveiller les signaux faibles

Restez attentifs aux annonces autour du PLF 2028, à l’évolution des taux immobiliers et aux dispositifs locaux (foncier, densification, bonus environnementaux). Les premiers relâchements des contraintes de financement des ménages se traduiront souvent par une hausse des prospects VEFA bien avant l’ouverture des chantiers.

Conclusion: piloter la traversée et préparer le terrain du rebond

Le message porté par Nexity est sans ambiguïté: la reprise franche du marché immobilier neuf ne se matérialisera probablement pas avant 2029-2030. L’année 2028 sera charnière si des mesures fortes, cohérentes et stables redonnent de la solvabilité aux acheteurs et de la visibilité aux promoteurs. Pour la filière, il s’agit d’une attente active, pas d’une pause.

Les artisans et entreprises du BTP ont tout intérêt à diversifier leurs revenus vers la rénovation et la réhabilitation, à structurer des offres compétitives et à verrouiller leurs fondamentaux financiers. En parallèle, soignez votre référencement auprès des bailleurs et grands donneurs d’ordres, et montez en compétence sur les solutions bas-carbone.

Cap sur un triptyque gagnant: sécuriser le court terme, investir dans les compétences, et se positionner dès maintenant sur les marchés qui redémarreront demain. Ainsi, lorsque l’accession repartira, votre entreprise sera prête à capter les chantiers, avec des équipes formées, des partenaires alignés et une organisation solide. C’est le meilleur moyen de transformer un cycle long en avantage concurrentiel durable.

Source · Batiactu

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