Développement Durable
Réemploi BTP : appel à projets Profeel-AQC pour des référentiels
Profeel et l’AQC financent des référentiels de réemploi pour sécuriser les chantiers, rassurer assureurs, réduire les coûts et accélérer l’économie circulaire.
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- N° 28/10
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Réemploi dans le BTP : Profeel et l’AQC lancent un appel à projets pour formaliser des référentiels techniques
Le réemploi des matériaux quitte le stade de l’expérimentation. Pour tenir les objectifs environnementaux et contenir les coûts de chantier, les entreprises ont besoin de règles claires et sécurisées. L’Agence Qualité Construction (AQC) et le programme Profeel ouvrent un appel à projets destiné à financer la rédaction de référentiels techniques de réemploi, reconnus par la profession.
Objectif : produire des recommandations professionnelles opérationnelles, testées et diffusables, qui sécurisent la maîtrise d’ouvrage, rassurent les assureurs et facilitent la mise en œuvre sur site. Un coup d’accélérateur concret pour structurer l’économie circulaire dans le bâtiment.
Pourquoi des référentiels techniques de réemploi sont indispensables
Le potentiel du réemploi est réel. Réduction des déchets, baisse de l’empreinte carbone, maîtrise des coûts d’approvisionnement. Mais sur chantier, les obstacles demeurent : traçabilité incertaine, performances variables, responsabilités floues et exigences d’assurance parfois mal comprises.
Des référentiels techniques comblent ce vide. Ils décrivent, de manière neutre et partageable, les conditions de dépose sélective, de contrôle, de préparation, de stockage et de remise en œuvre des produits et matériaux. Ils fixent les critères d’acceptation, les limites d’emploi et les documents attestant de la conformité.
Ces cadres méthodologiques s’articulent avec le diagnostic PEMD, la filière REP PMCB et les exigences de la garantie décennale. Pour les entreprises, c’est un gain de temps, moins de contentieux, et une meilleure lisibilité en phase études et exécution.
Ce que finance l’appel à projets Profeel/AQC
L’appel vise des projets capables de livrer des référentiels techniques de réemploi robustes et immédiatement actionnables par la filière. Le financement couvre l’ingénierie, la rédaction, la consultation d’experts, les essais, ainsi que des tests sur chantiers pilotes. L’accompagnement peut inclure une relecture technique et l’animation de groupes métier.
Types de livrables attendus
- Recommandations professionnelles structurées (portée, définitions, méthodes, contrôles).
- Fiches techniques par famille de produits, avec check-lists de réception et critères d’aptitude à l’usage.
- Procédures de traçabilité et de documentation (photothèque, étiquetage, passeport matériaux, bordereaux).
- Protocoles d’essais in situ ou en laboratoire lorsque nécessaire.
- Guides d’achat et de mise en œuvre, modèles de clauses pour marchés et CCTP.
- Kits de formation à destination des artisans, MOE et MOA.
Qui peut candidater
- Groupements d’entreprises et fédérations professionnelles du BTP.
- Organismes techniques, bureaux d’études, centres de ressources et plateformes de réemploi.
- Maîtres d’ouvrage publics/privés, établissements de formation, architectes et économistes.
- Bureaux de contrôle, laboratoires, assureurs associés à titre consultatif.
Les projets pluridisciplinaires sont privilégiés. Un consortium réunissant expertise technique, connaissance chantier, retour d’expérience et capacité de diffusion maximise ses chances. La durée type d’un projet s’inscrit dans un horizon court à moyen terme, afin de livrer vite des outils utilisables.
Critères de sélection et familles de matériaux prioritaires
Les dossiers sont évalués sur l’impact, la qualité technique et le potentiel de déploiement. Les critères clés portent sur la faisabilité, l’appropriation par les métiers, la réduction des risques et l’alignement avec la réglementation en vigueur.
Ce que le jury regardera de près
- Robustesse technique et prise en compte des exigences d’assurance et de sécurité.
- Clarté des méthodes de contrôle, d’essai, et des critères d’acceptation.
- Capacité à industrialiser le réemploi à l’échelle d’un territoire ou d’une filière.
- Plan de diffusion et de formation auprès des artisans et PME du bâtiment.
- Mesure des bénéfices: déchets évités, CO2 évité, coûts et délais maîtrisés.
- Interopérabilité avec diagnostic PEMD et filière REP PMCB.
Exemples de gisements ciblés
- Second œuvre: menuiseries intérieures et extérieures, cloisons démontables, faux-plafonds, dalles de moquette, revêtements de sol techniques.
- Équipements: luminaires tertiaires, radiateurs fonte, appareils sanitaires, armoires et chemins de câbles (avec contrôles stricts de sécurité).
- Structure et bois: éléments de charpente, planchers bois, poutres et poteaux métalliques, sous conditions d’inspection et de recalcul.
- Isolation et finitions: dalles minérales, isolants rigides en bon état, habillages démontables avec traçabilité de performance.
Chaque famille fera l’objet de limites d’emploi précises et de procédures d’examen. L’objectif est d’éviter les pathologies et de sécuriser la remise en œuvre dans les règles de l’art.
Comment préparer un dossier solide et gagner du temps
Un bon projet part d’un besoin concret et d’un gisement réel. Évitez les documents trop théoriques. Ancrez vos livrables dans des retours de chantier et dans la pratique artisanale. Voici une marche à suivre pragmatique.
Construire le consortium
- Associer un binôme terrain: une ou deux entreprises exécutantes + un maître d’ouvrage volontaire.
- Intégrer un bureau d’études et un organisme technique pour cadrer contrôles et essais.
- Mobiliser une plateforme de réemploi pour la logistique et la traçabilité.
- Solliciter un bureau de contrôle et un assureur en relecture pour valider le cadre de responsabilité.
Définir la structure du référentiel
- Champ d’application et définitions. Produits visés, typologies d’ouvrages, classes d’exposition.
- Dépose sélective et préparation. Outillage, précautions, démontage sans dégradation.
- Contrôles et essais. Visuels, dimensionnels, non destructifs, électriques si besoin.
- Critères d’acceptation et de déclassement. Tolérances, défauts critiques, reconditionnement.
- Stockage, étiquetage et documentation. Photographies, fiches, certificats, passeport matériaux.
- Remise en œuvre et limites d’emploi. Prescriptions de pose, compatibilités, interfaces.
- Maintenance et suivi. Contrôles périodiques, garantie, assurance, traçabilité dans le DOE.
- Annexes opérationnelles. Check-lists, modèles CCTP, bordereaux, fiches retour d’expérience.
Anticiper l’assurance et la conformité
- Clarifier le régime de responsabilité par typologie de produits et par lot.
- Préciser les conditions de conservation des performances et la preuve de leur maintien.
- Intégrer les avis du bureau de contrôle et les mesures compensatoires si nécessaires.
- Documenter la chaîne de traçabilité du diagnostic PEMD à la pose finale.
Mesurer et prouver la valeur
- Fixer des indicateurs: kg de déchets évités, tCO2e évitées, part du coût matériaux, délais.
- Mettre en place un chantier pilote avec suivi qualité et retour d’expérience exploitable.
- Prévoir un plan de formation et des supports prêts à l’emploi pour les équipes de pose.
- Définir une stratégie de diffusion: webinaires, fiches synthèses, ateliers avec artisans.
Un budget détaillé, adossé à un calendrier réaliste, facilitera l’instruction. Visez des résultats tangibles en 9 à 18 mois, avec jalons clairs et livrables intermédiaires partageables.
Conclusion : saisir l’opportunité et structurer durablement la pratique
Ce nouvel appel à projets porté par Profeel et l’AQC donne aux professionnels du BTP l’occasion d’accélérer le réemploi en le rendant sûr, lisible et duplicable. Des référentiels techniques bien rédigés créent de la confiance, fluidifient la relation avec la maîtrise d’ouvrage et sécurisent l’assurance.
Artisans, PME, entreprises générales, fédérations : positionnez-vous dès maintenant. Choisissez un gisement prioritaire, fédérez un collectif, et transformez vos retours de terrain en règles de l’art partagées. À la clé, un avantage compétitif, des chantiers mieux maîtrisés et des bénéfices environnementaux immédiats.
Le réemploi n’est plus une option. Avec des recommandations professionnelles solides, il devient une solution de chantier crédible, performante et économiquement viable. À vous de jouer pour écrire les standards qui feront référence demain.
Source · Batiactu



