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Développement Durable

NGE obtient la validation SBTi: atout compétitif pour le BTP

La validation SBTi de NGE confirme une trajectoire 1,5°C et entraîne des exigences pour artisans/PME: données carbone, achats responsables, innovation chantier.

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N° 14/10
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Développement Durable
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Batiactu
NGE obtient la validation SBTi: atout compétitif pour le BTP

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NGE obtient la validation SBTi : un signal fort pour la décarbonation du BTP

Le groupe NGE vient d’obtenir la validation de ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre par la Science Based Targets initiative (SBTi). Cette reconnaissance, accordée par l’organisme de référence international, confirme que la trajectoire climatique du constructeur est alignée sur une trajectoire compatible avec la limitation du réchauffement à 1,5°C.

Pour les artisans, PME et sous-traitants du BTP, cette annonce n’est pas anecdotique : elle anticipe des attentes accrues en matière de données carbone, d’achats responsables et d’innovation de chantier. En clair, le marché évolue rapidement, et ceux qui sauront s’aligner y gagneront en compétitivité, en accès aux marchés publics et en attractivité auprès des grands donneurs d’ordre.

Ce que signifie une validation SBTi pour un major du BTP

La SBTi évalue la crédibilité des trajectoires de décarbonation selon des critères stricts : périmètre d’émissions (Scopes 1, 2 et 3), année de référence, couverture des activités, gouvernance interne et feuille de route opérationnelle. En obtenant ce feu vert, NGE démontre que ses engagements ne relèvent pas du déclaratif, mais qu’ils suivent une méthodologie compatible avec les standards internationaux et le GHG Protocol.

Concrètement, la trajectoire valide généralement deux volets complémentaires : des objectifs « near-term » à horizon 2030, et un cap « net zéro » à plus long terme, assorti d’actions intermédiaires. Les attentes portent à la fois sur les émissions directes (Scope 1 : carburants, engins, chantiers) et indirectes liées à l’énergie (Scope 2 : électricité et chaleur), ainsi que sur la chaîne de valeur (Scope 3 : matériaux, transport, déchets, déplacements, sous-traitance).

Pour un acteur de la construction et des travaux publics, l’enjeu majeur se situe souvent sur le Scope 3, où se concentrent la fabrication des matériaux (acier, béton, bitume), la logistique et les achats. La validation SBTi incite donc à structurer des partenariats industriels, à exiger des FDES/EPD pour les produits, et à piloter la performance bas carbone à l’échelle du projet, du lot et du matériau.

Des engagements chiffrés et une feuille de route opérationnelle

Sans dévoiler l’intégralité de sa stratégie, NGE s’aligne sur des ordres de grandeur désormais courants pour un groupe de son envergure : une réduction ambitieuse des émissions directes et indirectes à court terme, puis une trajectoire vers le net zéro. Les points clés incluent :

  • Scopes 1 et 2 : baisse significative des émissions d’ici 2030 par rapport à une année de référence récente, en misant sur l’électrification des usages, l’efficacité énergétique et la décarbonation de l’électricité achetée (contrats d’énergie renouvelable, autoconsommation photovoltaïque de base-vie).
  • Scope 3 : réduction progressive via des achats responsables, l’intégration de matériaux à moindre intensité carbone (bétons bas carbone, aciers recyclés), l’éco-conception et l’optimisation logistique.
  • Cap net zéro : perspective à long terme, avec des diminutions réelles d’émissions et une part résiduelle minimisée, conformément au standard SBTi Net-Zero.

Sur le terrain, cela se traduit par une transformation des méthodes de chantier. Plusieurs leviers se détachent pour l’ensemble de la filière :

  • Motorisation et énergie : montée en puissance des engins électriques et hybrides, tests de biocarburants de type HVO pour la transition, groupements électrogènes hybrides, et raccordement au réseau pour réduire l’usage des générateurs.
  • Matériaux : recours aux ciments composés (CEM II/CEM III) et formulations optimisées (moindre teneur en clinker), agrégats recyclés, enrobés tièdes et à plus basse température, gestion fine des volumes pour limiter les pertes.
  • Logistique : massification des flux, itinéraires optimisés, mutualisation des approvisionnements par base logistique, incitations au transport rail-route là où c’est possible.
  • Numérique : ACV simplifiée en phase offre, intégration des données environnementales dans le BIM, suivi des consommations par IoT sur chantier, tableaux de bord carbone pour le pilotage interne.

Au-delà de la technique, la réussite passe par la gouvernance : objectifs intégrés aux appels d’offres, clauses dans les contrats fournisseurs, formation des conducteurs de travaux à l’éco-conduite et à la planification bas carbone, ainsi que pilotage mensuel avec indicateurs partagés.

Impact concret pour les chantiers et la chaîne d’approvisionnement

La validation SBTi agit comme un multiplicateur d’exigence : les donneurs d’ordre intégreront plus systématiquement des critères carbone dans les marchés. Pour les entreprises partenaires de NGE, cela signifie que la performance environnementale devient un critère de sélection au même titre que le prix, le délai ou la qualité.

Voici ce qui change, très concrètement, pour les sous-traitants et fournisseurs :

  • Données quantifiées : demande croissante de FDES/EPD vérifiées pour les produits, facteurs d’émission documentés pour les transports, et bilans GES simplifiés pour les prestations récurrentes.
  • Plan de progrès : engagement sur des objectifs annuels (réduction de carburant, de déchets, d’improductifs), justification des choix techniques par des gains CO2e.
  • Innovation de chantier : propositions variantes bas carbone valorisées en phase offre (béton bas carbone, méthodes de coffrage réutilisable, préfabrication, phasage optimisé).
  • Traçabilité : preuves d’origine des matériaux, teneur en recyclé, certificats d’énergie renouvelable, et reporting régulier des consommations sur site.

Les marchés publics et privés convergent. En France, les règlements de consultation intègrent de plus en plus des critères liés à l’empreinte carbone, en cohérence avec les cadres RE2020, la loi « Climat et Résilience » et, pour les grandes entreprises, les exigences de reporting (CSRD). Les PME qui anticipent ces demandes réduisent leur risque d’exclusion et gagnent des points lors de l’analyse des offres.

Mode d’emploi pour artisans et PME : comment s’aligner rapidement

Pas besoin d’attendre d’être « parfait » pour avancer. Les premiers gains sont souvent rapides et mesurables. Voici un plan d’action pragmatique pour se mettre à niveau et capter les opportunités :

  • Mesurer l’essentiel : établir un mini-bilan GES sur les postes clés (carburant engins/véhicules, électricité des bases-vie, achats de matériaux principaux, déplacements). Objectif : poser un point de départ et identifier 2-3 gisements d’économies.
  • Structurer les données : conserver factures de carburant et d’électricité, tonnages de matériaux, kilomètres parcourus. Utiliser un tableur simple ou un SaaS léger pour consolidariser les chiffres projet par projet.
  • Réduire tout de suite : former à l’éco-conduite, limiter le ralenti des engins, planifier les livraisons pour éviter les retours à vide, privilégier les matériaux disponibles à proximité, basculer l’éclairage de chantier en LED.
  • Passer aux produits bas carbone : demander des FDES/EPD aux fournisseurs, chiffrer des variantes avec béton bas carbone ou acier recyclé, intégrer des enrobés tièdes lorsqu’ils sont compatibles avec le cahier des charges.
  • Électrifier/optimiser : connecter les bases-vie au réseau, utiliser des groupes hybrides/à vitesse variable, tester un ou deux engins électriques sur des applications compatibles (intérieur, urbain, faibles intensités).
  • Former et impliquer : un référent bas carbone par équipe, briefing hebdo chantier sur les consommations, affichage simple des indicateurs (litres/heure, kWh/jour, kgCO2e/tonne posée).
  • Financer la transition : mobiliser les aides disponibles (ADEME, certificats d’économies d’énergie, primes locales pour l’électrification), étudier le leasing pour les équipements innovants, négocier avec son banquier un plan d’investissement vert.

Conseil clé : intégrer la logique carbone dès la phase offre. Une note méthodologique simple, des hypothèses sourcées, et quelques variantes techniques chiffrées peuvent faire la différence au moment de l’attribution, surtout lorsque le critère environnement pèse dans la notation.

Conclusion : de l’ambition à l’action, une dynamique de filière à saisir

La validation des objectifs de décarbonation de NGE par la SBTi confirme l’accélération du BTP vers des chantiers plus sobres. Cette trajectoire va structurer les attentes vis‑à‑vis des partenaires : transparence des données, innovation matériaux, optimisation énergétique et logistique.

Pour les artisans et PME, c’est une fenêtre d’opportunité. En démarrant par des mesures simples, en professionnalisant la collecte de données et en proposant des variantes bas carbone, vous répondez aux nouvelles exigences tout en gagnant en efficacité opérationnelle. La clé : avancer pas à pas, prouver les gains, capitaliser projet après projet. Les donneurs d’ordre cherchent des partenaires capables de conjuguer qualité, délai et performance environnementale. À vous de prendre position dès maintenant.

Source · Batiactu

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