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Saint-Cyr: usine de traitement d’eau potable, chantier BTP

À Saint-Cyr-sur-Loire, une usine d’eau potable sécurise Tours Métropole: chantier exigeant, défis techniques et environnementaux, lots pour BTP et artisans.

Publié
N° 02/11
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Actualités BTP
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Batiactu
Saint-Cyr: usine de traitement d’eau potable, chantier BTP

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Une usine de traitement d’eau potable stratégique en périphérie de Tours

Le coup d’envoi est donné à Saint-Cyr-sur-Loire : une nouvelle usine de traitement d’eau potable entre en phase de construction pour renforcer l’alimentation de Tours Métropole Val de Loire. Pensée pour sécuriser la ressource et améliorer la qualité de l’eau distribuée, l’infrastructure marque un investissement majeur pour le territoire et une opportunité concrète pour les entreprises du BTP et les artisans locaux.

Au-delà de l’ouvrage emblématique, ce chantier cumule des enjeux techniques, environnementaux et logistiques. De la conception des filières de traitement aux exigences de génie civil en zone de nappe, en passant par la maîtrise des nuisances de chantier, l’opération s’annonce exigeante et riche en lots à pourvoir.

Un projet au service de la résilience de l’eau potable

Pourquoi une nouvelle usine à Saint-Cyr-sur-Loire

La métropole tourangelle fait face à une double contrainte : la pression démographique et l’évolution qualitative des ressources superficielles et souterraines. La nouvelle usine, implantée à Saint-Cyr-sur-Loire, vient compléter et fiabiliser le dispositif existant avec une capacité cible comprise entre 60 000 et 80 000 m³/jour, modulable selon la saison et la demande.

Objectifs clés : sécurisation de l’alimentation en eau potable, interconnexion renforcée des réseaux, amélioration du traitement des pics de turbidité et des composés émergents, et réduction de l’empreinte énergétique. L’ouvrage s’inscrit dans les plans locaux de gestion de la ressource (PGSSE) et répond aux obligations de la directive eau potable.

Capacités, interconnexions et continuité de service

Le schéma directeur prévoit une interconnexion accrue entre les champs captants et la prise d’eau en Loire. Des réservoirs de régulation (de l’ordre de 2 x 10 000 m³) et des groupes de pompage redondés garantiront la continuité de service, y compris en cas de crue, d’étiage sévère ou d’arrêt programmé de maintenance.

Pour les exploitants comme pour les entreprises de réseaux, cela implique des créneaux de coupures limités, des by-pass provisoires, et un phasage précis pour éviter toute dégradation de la qualité de service aux usagers.

Procédés de traitement et exigences de génie civil

Une filière performante et évolutive

Le choix de la filière cible l’efficacité, la flexibilité et la robustesse face aux variations de qualité d’eau brute :

  • Prétraitement par tamisage et dessablage-dégraissage, avec mesure continue de la turbidité et des MES.
  • Ozonation en tête pour l’oxydation des micro-polluants, suivie d’un traitement sur charbon actif en grains (CAG) en filtres granulaires.
  • Étape de membranes d’ultrafiltration pour gérer les boues fines et sécuriser la barrière sanitaire.
  • Désinfection finale par UV et chloration de sécurité, avec asservissement à la qualité de l’eau.
  • Ajustements minéraux (CO₂/chaux) pour la stabilisation et la maîtrise de l’indice de Langelier.

La gestion des boues prévoit épaississement, déshydratation par centrifugation et filière d’évacuation vers unité agréée. Les équipements sont conçus sur skids pour limiter les délais d’installation et faciliter la maintenance.

Ouvrages enterrés, radier étanche et résistance aux crues

L’environnement géotechnique impose des fondations soignées : radier étanche, cuvelage partiel, et parois moulées ponctuelles pour contenir les venues d’eau. En zone potentiellement inondable, les locaux sensibles (tableaux électriques, automates, réactifs) sont surélevés au-dessus de la cote de crue de référence, avec accès sécurisé.

Le génie civil mobilise des bétons bas carbone (liaisonnements type CEM III/A ou ciments à ajout calcaire) pour réduire l’empreinte CO₂. Les structures intègrent des réservations précises pour tuyauteries inox, PVC pression ou fonte ductile, avec traitements anti-corrosion et supports galvanisés.

Automatisme, supervision et cybersécurité

La supervision SCADA, les automates redondés et la télégestion des points sensibles (prises d’eau, stations de reprise) sont dimensionnés pour un pilotage fin. Les variateurs de vitesse sur pompes, capteurs connectés (débit, pH, chlore libre, UVT) et algorithmes d’optimisation énergétique participent à la sobriété. Des exigences de cybersécurité conformes au cadre ANSSI sont intégrées au CCTP.

Organisation du chantier et opportunités pour les entreprises

Phasage, coactivité et accès site

Le chantier s’étale sur environ 36 mois, avec un démarrage des travaux préparatoires et des VRD dès les premières semaines. L’emprise est contrainte : plan de circulation interne, horaires élargis en phase gros œuvre, et zones tampons pour limiter les nuisances riveraines. Une charte de « chantier à faibles nuisances » encadre bruit, poussières, et gestion des déblais.

Les flux logistiques sont cadencés pour réduire les temps d’attente, avec coordination quotidienne OPC et réunion de coactivité hebdomadaire. Les livraisons d’équipements process sont synchronisées avec la fin de second œuvre pour limiter les re-travaux.

Allotissement et compétences recherchées

Le marché est structuré en lots permettant l’accès aux PME. Les profils attendus couvrent :

  • Gros œuvre et génie civil : radiers, bassins, bâtiments techniques, cuvelage.
  • Étanchéité, enveloppe et charpente : toitures, façades, protections anticorrosion.
  • VRD et réseaux : adductions, by-pass, raccordements, voiries, clôtures.
  • Process hydraulique : tuyauteries inox/fonte, pompes, vannes, instruments.
  • CFO/CFA et automatismes : postes HTA/BT, armoire MCC, supervision, cybersécurité.
  • HVAC et fluides : traitement d’air, déshumidification, réseaux thermiques.
  • Fournitures spécialisées : membranes, UV, CAG, équipements de dosage réactifs.

Des clauses d’insertion sociale et d’apprentissage sont prévues. Les entreprises devront présenter un plan QSE solide, un retour d’expérience en milieu ICPE/eau potable, et une capacité à travailler en BIM de niveau 2.

BIM, qualité et documentation DOE

La maquette numérique facilite clash detection et chemins de câbles/tuyauteries. Le DOE numérique intègre schémas P&ID, fiches techniques, nomenclatures, certificats ACS et plans récolement. Un jumeau numérique d’exploitation pourra être alimenté dès la réception pour optimiser pilotage et maintenance.

Environnement, énergie et calendrier de réalisation

Sobriété et empreinte réduite

La performance énergétique est un axe majeur. Les mesures prévues :

  • Pompes haut rendement IE5 et variateurs généralisés.
  • Récupération de chaleur sur locaux techniques et optimisation HVAC.
  • Toiture photovoltaïque d’appoint, autoconsommation prioritaire sur process.
  • Bétons et aciers à faible empreinte carbone, tri et valorisation des déchets de chantier.
  • Gestion optimisée des boues et réduction des réactifs grâce au pilotage en temps réel.

L’opération s’inscrit dans une démarche HQE Infrastructures et ISO 14001 pour l’exploitation, avec suivi des indicateurs eau-énergie-matières dès la mise en service.

Budget, financement et planning

L’enveloppe prévisionnelle est estimée autour de 80 à 90 M€ (études, travaux, équipements, essais). Le financement mobilise la collectivité, des aides de l’Agence de l’eau et des dispositifs dédiés à l’adaptation au changement climatique.

Repères de calendrier (indicatifs) :

  • Travaux préparatoires et terrassements : S1–S2, année 1.
  • Génie civil et enveloppe : S2 année 1 – S2 année 2.
  • Installation équipements process et lots techniques : année 2 – année 3.
  • Essais à vide, mise en eau et marche à blanc : fin année 3.
  • Mise en service progressive et réception : fin année 3/début année 4.

Conseils pratiques pour candidater

Pour maximiser vos chances :

  • Soignez vos références en milieux hydrauliques ou industriels et votre plan de maîtrise des risques (PPSPS, ATEX si pertinent).
  • Proposez des variantes techniques économes en énergie et faciles à maintenir (accès, démontage, pièces d’usure standardisées).
  • Anticipez l’approvisionnement des matériels critiques (membranes, UV, armoires) et présentez un plan de sécurisation des délais.
  • Intégrez la démarche BIM dès l’offre, avec organisation et livrables clairs.

Relations riverains et communication

Le chantier prévoit une information régulière des riverains, un numéro d’astreinte, et un suivi acoustique en phase de battage/forage si nécessaire. Ces engagements contribuent à la bonne tenue du calendrier et à l’acceptabilité sociale du projet.

Conclusion: un chantier vitrine pour les pros du BTP local

La nouvelle usine de traitement d’eau potable de Saint-Cyr-sur-Loire se veut exemplaire : sécurisation de l’alimentation, haut niveau de traitement, sobriété énergétique et chantier maîtrisé. Pour les artisans et entreprises du BTP, c’est l’occasion de valoriser des compétences pointues, d’intégrer des marchés publics structurants et de capitaliser sur des références à forte valeur.

Conseil final: positionnez-vous tôt, mutualisez vos forces en groupement si besoin, et capitalisez sur l’innovation utile (BIM, équipements haute efficacité, méthodes de préfabrication). Sur un projet d’infrastructure aussi sensible, la qualité d’exécution, la rigueur documentaire et la coordination feront la différence.

Source · Batiactu

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