Actualités BTP
Part-Dieu Béraudier : démolition et chantier BTP à saisir
Permis de démolir acté côté Béraudier: l’ancien auvent béton disparaît pour ouvrir le parvis. Objectif: fluidifier accès, sécuriser chemins, opportunités BTP.
- Publié
- N° 23/09
- Rubrique
- Actualités BTP
- Lectures
- 0
- Source
- Batiactu

0 lectures
Part-Dieu : le dernier vestige côté Béraudier va laisser place au nouvel espace public
La transformation de la gare de Lyon Part-Dieu franchit une nouvelle étape. Côté Béraudier, l’un des derniers témoins de l’ancienne configuration s’apprête à disparaître. La Ville a délivré, fin août, le permis de démolir permettant d’engager les opérations de déconstruction et d’achever l’aménagement du parvis et des interfaces de mobilité.
Pour les entreprises du BTP et les artisans, cette phase ouvre un nouveau front de chantier avec son lot de contraintes techniques, d’exigences réglementaires et d’opportunités. Objectif affiché par la maîtrise d’ouvrage (SNCF Gares & Connexions en lien avec la Métropole de Lyon) : fluidifier les accès, sécuriser les cheminements et finaliser un pôle d’échanges à la hauteur des volumes de voyageurs de la première gare d’affaires française hors Paris.
Ce qui va disparaître : un ancien auvent et ses accès, derniers héritages de l’ancienne gare
L’élément concerné par la démolition se situe sur le parvis Béraudier, au droit des accès historiques voyageurs. Il s’agit d’un ancien auvent béton et de ses escaliers et murs de soutènement associés, vestiges d’une organisation pensée dans les années 1980. Devenu inadapté aux flux actuels, cet ensemble faisait obstacle à la lisibilité des parcours et à la continuité piétonne entre la gare, les transports en commun, la vélostation et le quartier d’affaires.
Sa déconstruction permettra de dégager des emprises pour :
- prolonger le parvis Béraudier et simplifier les traversées piétonnes;
- réorganiser les dépose-minute, taxis et cars pour limiter les conflits d’usages;
- finaliser les revêtements de sol (béton désactivé et granit), l’éclairage et la signalétique;
- mettre en valeur la vélostation (plus de 1 000 places) et les liaisons douces vers le centre commercial et le boulevard Vivier-Merle.
Au-delà du confort d’usage, la suppression de ce volume libère des vues et renforce la “porte d’entrée” de la gare côté ouest, avec une circulation lisible pour des pointes qui dépassent aujourd’hui les 140 000 voyageurs/jour sur certaines périodes.
Cadre réglementaire et méthode de déconstruction : un chantier propre et phasé
Le permis de démolir délivré fin août encadre les travaux et intègre les prescriptions urbaines et environnementales. Comme sur tout chantier de ce type, la phase préparatoire comprend un diagnostic PEMD (Produits, Équipements, Matériaux, Déchets), ainsi que des repérages amiante et plomb. L’objectif est d’anticiper le curage, de trier à la source et de maximiser la valorisation des matériaux, en cohérence avec la filière REP PMCB désormais opérationnelle.
Phasage technique prévisionnel
- Installation de chantier et sécurisation (semaine 1) : clôtures, jalonnement des cheminements voyageurs, protections des réseaux, pose de brumisateurs contre les poussières.
- Curage sélectif (semaines 2-3) : dépose des équipements, garde-corps, luminaires, revêtements. Evacuation vers filières agréées.
- Désamiantage ciblé si nécessaire (fenêtre dédiée en horaires décalés), avec confinement, contrôle d’air et traçabilité réglementaire.
- Sciage et carottage (semaines 3-4) : découpe des dalles et poutres pour limiter les vibrations, conservation des appuis provisoires.
- Grignotage mécanique (semaines 4-6) : pelle à grand bras équipée d’un broyeur béton, arrosage continu, filet anti-projections.
- Tri et évacuation (continu) : béton concassé valorisé en granulats 0/31,5 pour couches de forme; métaux dirigés vers filières de recyclage; déchets non dangereux suivis via bordereaux.
- Réglages et VRD (semaines 6-8) : reprise de la plateforme, réseaux secs et humides, implantation d’éclairage, fondations de mobilier.
Le chantier est programmé en horaires étendus mais cadrés, avec une priorité donnée aux interventions bruyantes en journée. Certaines opérations ponctuelles de nuit pourront être mobilisées pour ne pas interrompre les flux voyageurs. Le maintien des accès PMR et l’information des usagers sont explicitement prévus dans le plan de circulation temporaire.
Impacts et informations pratiques pour les professionnels, usagers et riverains
Pendant toute la durée des travaux, les accès à la gare restent ouverts. Des cheminements piétons provisoires seront jalonnés et éclairés, avec des largeurs adaptées aux pointes et une vigilance particulière sur les traversées de flux. Côté exploitation, la coordination interviendra avec TCL, les taxis et les services de livraison pour éviter les congestions aux heures de pointe.
Mesures de réduction des nuisances
- Poussières : brumisation en continu, nettoyage quotidien des voiries, bâchage des bennes.
- Bruit : choix de matériels faiblement émissifs, plages horaires maîtrisées, limitation des alarmes inversées la nuit.
- Vibrations : recours prioritaire au sciage et au grignotage plutôt qu’à la démolition percussive.
- Sécurité : cloisons pleines en périmètre, vigie lors des manœuvres, contrôles d’accès badgeés.
Pour les commerces riverains, les livraisons seront maintenues via des créneaux réservés et des points d’approche dédiés. Les phases de forte sollicitation logistique (évacuation de béton concassé, arrivées de matériaux VRD) seront annoncées en amont. Un numéro de contact chantier et une mise à jour hebdomadaire des jalons seront diffusés par l’équipe de maîtrise d’œuvre.
Marchés et opportunités pour les entreprises du BTP et de l’artisanat
La démolition ouvre la voie aux finitions d’espaces publics et à des lots techniques complémentaires. Plusieurs corps d’état sont concernés, avec des marchés allotis ou en tranches conditionnelles selon l’avancement :
- VRD et sols : réglages de plateformes, pose de bordures, caniveaux, revêtements en béton désactivé et dalles pierre, joints souples.
- Éclairage public : mâts LED, gestion DALI, raccordements et recette.
- Mobilier urbain : assises, corbeilles, arceaux vélos, signalétique directionnelle et plans de quartier.
- Paysage : fosses de plantation, substrats, plantations d’alignement et strates arbustives, arrosage économe.
- Métallerie et serrurerie : garde-corps ponctuels, grilles techniques, portillons de service.
- Étanchéité et résines : relevés ponctuels, traitements anti-dérapants zones de forte pente.
À noter pour les opérateurs : la Métropole de Lyon applique une charte de chantier à faibles émissions et des critères d’achats responsables. La conformité ZFE des engins, le suivi des 7 flux de tri, la traçabilité des déchets et le recours à des matériaux recyclés sont des points valorisés. Les entreprises locales disposent d’atouts sur la réactivité et la logistique courte distance.
Côté planning, l’enchaînement optimal consiste à caler les plantations en fenêtre automne-hiver et à concentrer les finitions de surface au printemps, une fois les réseaux stabilisés. Les artisans de second œuvre (signalétique, menuiseries extérieures, petites maçonneries) trouveront des créneaux d’intervention compacts mais techniquement exigeants, avec coactivité en site occupé.
Et après ? Calendrier et livrables attendus
La séquence de déconstruction devrait durer six à huit semaines, suivie des reprises de plateformes et des travaux d’aménagement. L’objectif opérationnel est de livrer un parvis Béraudier continu, des parcours piétons hiérarchisés, des aires taxis et dépose-minute lisibles, et un éclairage plus performant améliorant le confort et la sécurité en soirée.
Au terme de ces interventions, la gare disposera d’une interface claire entre trains, métro, bus, vélos et modes actifs. La visibilité des accès sera renforcée, de même que la robustesse des matériaux en surface, pensés pour des charges d’exploitation élevées et une maintenance simplifiée. La signalisation harmonisée achèvera d’orienter efficacement les usagers vers les services et les grands équipements du quartier Part-Dieu.
À retenir et conseils aux professionnels
La délivrance du permis de démolir côté Béraudier acte la fin d’un héritage devenu obsolète et accélère la modernisation d’un pôle d’échanges majeur. Pour les entreprises, la réussite passera par une préparation fine (visites de site, méthodes limitant nuisances), une gestion exemplaire des déchets et une coordination serrée en coactivité.
Conseil pratique : anticipez vos protocoles d’accès et vos plans de prévention, sécurisez vos filières REP PMCB, et proposez des variantes intégrant matériaux recyclés et équipements sobres. Les maîtres d’ouvrage recherchent des acteurs capables de tenir des délais courts sans compromis sur la sécurité ni la qualité d’usage. C’est le moment, pour les artisans et PME du bassin lyonnais, de se positionner avec des solutions agiles et faiblement émissives, parfaitement adaptées à un site aussi fréquenté que la Part-Dieu.
Source · Batiactu



