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Électrifier 100 territoires : fin du gaz, opportunités BTP

Le plan 100 territoires supprime le gaz dans des zones ciblées: électrification, réseau plus fiable, moins de fuites. BTP: captez les marchés PAC et rénovation.

Publié
11/09
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Actualités BTP
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Batiactu
Électrifier 100 territoires : fin du gaz, opportunités BTP

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Électrifier 100 territoires : cap sur la sortie ciblée du gaz

Le gouvernement met les bouchées doubles pour accélérer la transition énergétique. Avec le programme « 100 territoires d’électrification », l’exécutif annonce l’extinction progressive du réseau de gaz dans des zones bien identifiées. Objectif : fiabiliser l’alimentation électrique, réduire les fuites de méthane, et basculer vers des usages plus sobres et décarbonés.

Fait notable, une grande association de consommateurs salue la démarche, à condition qu’elle s’accompagne de garanties tarifaires et d’un accompagnement concret des ménages. Pour les artisans et les entreprises du BTP, l’enjeu est double : anticiper la fin d’activité sur le gaz dans certains périmètres et capter les nouveaux marchés liés à l’électrification, aux pompes à chaleur et à la rénovation énergétique.

Que prévoit concrètement le programme « 100 territoires d’électrification »

Le principe est simple : dans des communes ou ensembles de hameaux où le réseau de gaz est peu utilisé, vieillissant ou coûteux à maintenir, les autorités planifient une fermeture ordonnée des canalisations, branchements et postes de détente. Cette sortie du gaz s’effectue par étapes, après concertation locale, avec un basculement vers des solutions électriques performantes.

Les critères de sélection des territoires incluent généralement :

  • Un réseau de gaz sous-utilisé, avec un faible nombre d’abonnés par kilomètre de conduite.
  • Des tronçons en fin de vie technique où la maintenance devient onéreuse.
  • La présence d’alternatives énergétiques disponibles (renforcement du réseau électrique, solutions EnR locales).
  • Un potentiel de rénovation énergétique des bâtiments permettant de limiter les besoins de chauffage.

Le calendrier type s’étale sur 3 à 5 ans. Une première phase (12 à 18 mois) consiste à diagnostiquer les besoins de renforcement électrique, recenser les logements concernés, engager la concertation et signer les conventions. La seconde phase (18 à 24 mois) déploie les travaux : création ou adaptation de postes sources, renforcement des réseaux basse et moyenne tension, neutralisation progressive des canalisations gaz et conversion des équipements dans les bâtiments (chauffage, eau chaude, cuisson).

Renforcement électrique et continuité de service

Côté réseau électrique, les maîtres d’ouvrage prévoient :

  • L’ajout de transformateurs et de nouveaux départs BT/MT pour absorber les pointes hivernales.
  • La pose de câbles plus capacitifs, l’installation de compteurs communicants et de pilotage de charge.
  • La mise en place de solutions de flexibilité (ballons thermo, pilotage PAC, éventuels micro-stockages) pour contenir les appels de puissance.

La continuité d’alimentation est un point non négociable : la fermeture d’un branchement gaz n’intervient qu’une fois l’équipement de substitution installé, testé et réceptionné. Des dérogations transitoires peuvent exister pour des sites sensibles (santé, sécurité, froid alimentaire) le temps d’installer les alternatives.

L’aval des consommateurs : conditions et garanties

L’approbation exprimée par une association de consommateurs repose sur des engagements clairs du gouvernement et des opérateurs. Les premiers retours positifs tiennent à la sécurisation des factures et à la promesse d’un accompagnement sur-mesure pour les ménages, en particulier les plus modestes.

Trois axes font consensus côté usagers :

  • Prévisibilité des coûts : des devis cadrés, un reste à charge plafonné et l’accès facilité aux aides (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ, chèque énergie).
  • Performance énergétique : remplacement des chaudières gaz par des pompes à chaleur adaptées, optimisation de l’enveloppe (isolation combles/murs), et équipements de pilotage.
  • Qualité et sécurité : entreprises qualifiées, délais annoncés et tenus, et médiation locale en cas de litige.

Les bénéfices attendus sont tangibles : fin des fuites de méthane sur des tronçons obsolètes, factures plus stables grâce à la sobriété pilotée et diminution des interventions de maintenance coûteuses. En contrepartie, l’association demande de la transparence sur les calendriers, un numéro d’appui unique pour les ménages et des garanties de service en période de froid (gestion des pointes, plans de délestage évités ou encadrés).

Point sensible, la cuisson tout-électrique fait l’objet d’un accompagnement spécifique (kits de plaques, adaptation des tableaux électriques). Des offres packagées « sortie du gaz » sont encouragées pour simplifier le parcours des foyers : diagnostic, devis, travaux, mise en service et suivi post-travaux sur 24 mois.

Impacts et opportunités pour les artisans et entreprises du BTP

Pour les professionnels, la fermeture ciblée du réseau de gaz est autant un défi qu’une source de nouveaux marchés. Les besoins se concentrent sur l’électrification des usages et la rénovation énergétique performante.

  • Installations thermiques : pompes à chaleur air/eau et air/air, chauffe-eaux thermodynamiques, poêles à granulés en appoint, solutions hybrides en site contraint.
  • Génie électrique : renforcement d’abonnements, tableaux et protections, câblage, bornes IRVE, délesteurs, pilotage des charges et GTB légère.
  • Enveloppe du bâtiment : isolation des combles, sarking, ITE/ITI, menuiseries performantes, traitement de l’étanchéité à l’air et ventilation (VMC hygro B, double flux selon cas).
  • Dépose et neutralisation gaz : consignation, purge à l’azote, déconnexion en règle, neutralisation des colonnes, dépose des compteurs et recyclage des matériaux.

La montée en compétences est stratégique. Les labels et qualifications sont fortement recommandés : QualiPAC, RGE (chauffage, enveloppe), IRVE pour la mobilité, et habilitations électriques. Côté gaz, la maîtrise des procédures de dépose sécurisée (DICT, ATEX, consignation) est clé pour remporter les marchés de neutralisation.

Check-list opérationnelle pour réussir

  • Réaliser un audit énergétique simple pour dimensionner précisément la PAC et éviter les surconsommations.
  • Vérifier la capacité de l’abonné (disjoncteur, section de câble, équilibrage des phases) avant pose d’équipements.
  • Planifier la dépose gaz après installation et essais des nouveaux équipements, avec procès-verbal de consignation.
  • Proposer des contrats d’entretien adaptés (PAC, ventilation) et un suivi à distance si possible.

La demande devrait être soutenue dans les 24 à 36 prochains mois, avec des commandes publiques et privées. Les entreprises organisées en groupements (thermique, élec, isolation) auront un avantage pour proposer des offres globales, réduire les interfaces et sécuriser les délais.

Financements, marchés et calendrier

Le financement combine aides nationales et enveloppes locales. Les ménages peuvent mobiliser MaPrimeRénov’ (barèmes bonifiés pour les modestes), les Certificats d’Économies d’Énergie, l’éco-PTZ et, selon les territoires, des primes des collectivités. Les programmes SARE et France Rénov’ facilitent l’accompagnement et la massification.

  • Rénovation performante : primes cumulables pour isolation + PAC, avec reste à charge réduit.
  • Adaptation électrique : participation éventuelle des opérateurs au renforcement des branchements et tableaux selon les cas.
  • Marchés publics : accords-cadres multi-attributaires pour la conversion d’îlots entiers, allotis par corps d’état, avec recours aux PME locales.

Calendrier prévisionnel fréquemment annoncé : première vague de territoires pilotes dès 2025, montée en charge 2026-2028, et clôture des opérations majeures vers 2030. Chaque collectivité publie un plan local avec cartographie des tronçons concernés, phasage des rues/lotissements et permanences d’information. Pour les pros, la veille sur les profils acheteurs et les plateformes de consultation devient essentielle.

Points de vigilance à intégrer dans vos offres :

  • Gestion des pointes électriques : proposer du pilotage et, si possible, des solutions de flexibilité contractuelles.
  • Qualité d’air intérieur : ventilation adaptée après travaux d’isolation et remplacement des générateurs.
  • Accompagnement social : phaser les chantiers pour limiter les coupures et offrir des solutions temporaires de chauffage/eau chaude.

Perspective : se préparer dès maintenant

La fermeture ciblée du réseau de gaz dans certains territoires n’est pas un simple effet d’annonce. Elle inaugure une reconfiguration durable des marchés de l’énergie et du bâtiment. Les entreprises réactives, qualifiées et capables d’offrir des solutions complètes auront une longueur d’avance.

Dès aujourd’hui, constituez vos partenariats (thermique, élec, enveloppe), mettez à jour vos qualifications, standardisez vos offres « sortie du gaz » et formez vos équipes au pilotage énergétique. À la clé : des chantiers mieux dimensionnés, des clients satisfaits et des territoires plus résilients. L’électrification des 100 territoires ouvre une fenêtre d’opportunité pour le BTP ; à chacun de s’y positionner avec exigence et pragmatisme.

Source · Batiactu

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