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Électrification: phase 2, nouveaux marchés et réseaux BTP

Phase 2 du plan d'électrification en préparation: usages décarbonés accélérés, réseaux et chantiers électrifiés. Artisans BTP, captez les nouveaux marchés.

Publié
11/09
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Batiactu
Électrification: phase 2, nouveaux marchés et réseaux BTP

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Plan d’électrification : une phase 2 en préparation qui pourrait rebattre les cartes pour le BTP

Après une première vague de 22 mesures annoncées au printemps 2026, un nouveau chapitre du plan d’électrification serait en cours de rédaction. Les échanges s’intensifient entre ministères, opérateurs de réseaux et fédérations professionnelles. Pour les artisans et les entreprises du bâtiment, l’enjeu est clair : capter les marchés qui naissent autour des chantiers électrifiés, des réseaux renforcés et de la mobilité électrique.

Cette deuxième phase pourrait accélérer la décarbonation des usages, tout en sécurisant l’approvisionnement des chantiers et des bâtiments. Elle s’inscrirait dans la continuité des objectifs climatiques et des ZFE-m, avec des attentes fortes en matière d’équipements électriques, de raccordements et de pilotage énergétique.

Où en est-on depuis les 22 mesures d’avril 2026 ?

La première étape du plan d’électrification a dessiné un cap et ouvert des portes. Elle a ciblé à la fois les réseaux électriques, la simplification administrative et l’accélération des usages électriques sur le terrain. Plusieurs axes concrets ont déjà fait bouger les lignes pour les professionnels du BTP.

  • Raccordements de chantier simplifiés et meilleure visibilité sur les délais, avec des guichets uniques expérimentés localement pour les alimentations temporaires.
  • Accélération des infrastructures de recharge (IRVE) dans le tertiaire et les parkings d’entreprises, avec des procédures standardisées et une meilleure articulation avec les bailleurs et syndics.
  • Incitations à électrifier les engins légers (mini-chargeuses, compacteurs, nacelles) et à recourir à des solutions zéro émission sur site (batteries, groupes hybrides, micro-solaires).
  • Marchés publics plus prescriptifs, intégrant des critères de réduction du bruit et des émissions sur les chantiers urbains.

Sur le terrain, les retours de chantiers font état d’une montée en puissance des coffrets de distribution temporaires, du recours aux batteries en location pour le lissage des pointes, et d’une demande accrue d’études de dimensionnement électrique en phase APS/APD. Les dépôts et bases arrières s’équipent de plus en plus de bornes, pour accompagner l’électrification progressive des flottes légères.

Ces avancées restent toutefois hétérogènes selon les territoires. La capacité du réseau local, l’anticipation des besoins de puissance et la disponibilité des installateurs IRVE qualifiés conditionnent encore la fluidité des projets. D’où l’intérêt d’une phase 2 plus opérationnelle.

Phase 2 : les pistes à l’étude et ce que cela pourrait changer

Selon des acteurs consultés, la deuxième phase viserait à rendre l’électrification plus simple, plus rapide et plus compétitive pour les TPE/PME. Plusieurs leviers sont évoqués, avec un fil rouge : électrifier quand c’est pertinent, sans surdimensionner, et en sécurisant l’exploitation.

  • Renforcement ciblé des réseaux de distribution dans les zones d’activités et les corridors logistiques, afin de réduire les délais de raccordement et d’absorber les pics liés aux chantiers majeurs.
  • Cadre simplifié pour l’IRVE collective en copropriété et dans le tertiaire, avec des schémas types de pré-câblage et des guides techniques mis à jour pour standardiser la mise en œuvre.
  • Obligations progressives d’équipement en bornes sur les parkings d’entreprises et bâtiments neufs, avec des quotas évolutifs et des parcours « prêt à brancher ».
  • Soutien ciblé à l’électrification des engins (bonus, suramortissement, appels à projets) pour les matériels les plus utilisés en zones denses, où les bénéfices santé et bruit sont immédiats.
  • Critères d’électrification renforcés dans les marchés publics, intégrant le pilotage énergétique des bases vies et la mesure des consommations.
  • Diagnostics énergie pris en charge partiellement pour les PME du BTP, afin d’identifier les gains rapides et planifier les investissements.

La dimension normative serait également au menu, avec une mise à jour de guides d’installation et de sécurité électrique pour tenir compte des nouveaux usages (recharge, stockage, pilotage). L’objectif affiché serait de réduire les frictions en phase de conception et de fiabiliser la maintenance.

Côté calendrier, des annonces pourraient intervenir dans les prochains mois, après concertation avec les opérateurs de réseaux et les fédérations. Les territoires pilotes joueraient un rôle clé pour valider les dispositifs avant généralisation.

Quels impacts pour les artisans et entreprises du bâtiment ?

Pour les professionnels, la phase 2 représente autant de risques de retard pour ceux qui attendent que d’opportunités de croissance pour ceux qui se préparent. Les besoins vont croître autour des chantiers électrifiés, des bâtiments connectés et des flottes propres.

  • Chantiers : plus de demandes d’alimentations temporaires, de coffrets conformes à la NF C 15‑100, de distributions modulaires et de solutions de stockage tampon pour lisser les appels de puissance.
  • Bâtiments : exigences accrues en pré-équipement IRVE, en gestion dynamique des charges et en comptage divisionnaire pour suivre les consommations par usage.
  • Dépôts et bases logistiques : plan de déploiement des bornes, optimisation de la puissance souscrite, scénarios de charge nocturne et hors pointe.

À anticiper dès maintenant, sans attendre la publication finale des textes :

  • Cartographier les besoins électriques par type de chantier, établir des profils de charge et identifier les phases critiques (levage, bétonnage, ponçage, etc.).
  • Dialoguer tôt avec le gestionnaire de réseau (ou l’ELD locale) pour dimensionner la puissance et caler les délais de pose/dépose des compteurs temporaires.
  • Étoffer le parc de matériel : coffrets de chantier, protections différentielles adaptées, câbles résistants et repérés, armoires de charge mobiles sécurisées.
  • Tester des solutions zéro émission : location de batteries, groupes hybrides, micro-solaires pour bases vies. Le modèle locatif (Opex) limite l’immobilisation de trésorerie.
  • Monter en compétences : habilitations électriques (BS/BR), formations IRVE reconnues, sensibilisation au pilotage énergétique et à la sécurité.
  • Se positionner commercialement : qualifications adaptées (par ex. IRVE), partenariats avec loueurs et énergéticiens, offres packagées « chantier électrifié ».

Les entreprises qui structureront une offre claire – étude, fourniture, pose, mise en service, maintenance – capteront la valeur. Les synergies entre électriciens, climaticiens et terrassement pour le génie civil des câblages seront décisives.

Financements, outils et bonnes pratiques pour réussir

Plusieurs leviers financiers et techniques peuvent doper la rentabilité des projets. L’important est de monter des dossiers robustes, en combinant les dispositifs quand c’est possible et en documentant les économies d’énergie.

  • Certificats d’économies d’énergie (CEE) : appui sur les fiches standardisées pertinentes pour l’IRVE tertiaire, le pilotage et l’optimisation des consommations.
  • Programmes de l’ADEME et des Régions : aides à l’investissement pour l’électrification d’engins, le stockage, l’innovation et la décarbonation des chantiers.
  • Dispositifs fiscaux : amortissements accélérés sur certains équipements, selon les arbitrages à venir de la phase 2.
  • Appels à projets thématiques : démonstrateurs de chantiers bas carbone, quartiers électriques, logistique urbaine propre.

Côté technique, privilégiez une approche « sobriété d’abord ». Un bon dimensionnement évite de suréquiper et de payer une puissance inutilement élevée. Le pilotage de la charge (ordonnancement, délestage, tarification dynamique) permet de rester sous les seuils de puissance souscrite et d’optimiser les coûts d’exploitation.

N’oubliez pas la sécurité : plans de prévention, protections IP/IK adaptées, vérifications initiales et périodiques, consignations rigoureuses. Documentez la conformité et la traçabilité (DOE, schémas unifilaires, notices) pour sécuriser l’exploitation et la maintenance. Pour les installations permanentes, anticipez les contrôles et les attestations requises.

Enfin, pensez au service après-vente : contrats de maintenance, supervision à distance des IRVE, mise à jour des firmwares, remplacement préventif des consommables. Un SAV efficace fidélise les clients et pérennise les revenus.

Conclusion : se préparer sans attendre, pour gagner du temps et des marchés

La deuxième phase du plan d’électrification, annoncée comme « en cours d’écriture », devrait renforcer l’élan engagé depuis avril 2026. Les entreprises qui anticipent dès aujourd’hui – en structurant leur offre, en formant leurs équipes et en tissant des partenariats – seront prêtes à répondre rapidement aux appels d’offres et aux besoins des maîtres d’ouvrage.

Conseil pratique : lancez un audit express de vos capacités électriques (matériel, compétences, partenaires) et définissez une feuille de route à 12 mois. Restez en veille via vos fédérations professionnelles, les opérateurs de réseaux et les guichets d’aides. Dans un contexte de chantiers plus sobres et plus électriques, la réactivité fera la différence.

Source · Batiactu

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