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Congrès HLM Bordeaux: produire plus, rénover mieux pour le BTP

Face à la crise du logement social, l’USH fixe un cap: produire plus et rénover mieux. Loi Relance: enjeux et marchés HLM à saisir pour les artisans du BTP.

Publié
22/09
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Batiactu
Congrès HLM Bordeaux: produire plus, rénover mieux pour le BTP

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Congrès HLM de Bordeaux : “Produire plus” pour sortir de l’impasse, un cap qui engage toute la filière

Au 86e congrès HLM de Bordeaux, Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), a donné le ton : face à une crise du logement social sans précédent, la seule réponse durable est d’accroître rapidement la production et d’accélérer la rénovation. Message clair, adressé autant aux pouvoirs publics qu’aux acteurs de terrain.

Dans un contexte de coûts de construction élevés, de délais administratifs longs et de financement sous tension, la responsable a posé des lignes rouges pour le budget 2027 et appelé les parlementaires à voter le projet de loi “Relance logement”, jugé imparfait mais indispensable pour remettre la machine en marche. Pour les artisans et entreprises du BTP, l’enjeu est double : se saisir des futurs marchés HLM et adapter leurs pratiques à un cadre qui évolue.

Produire plus, rénover mieux : la feuille de route de l’USH

La demande de logement social explose. Plus de 2,6 millions de ménages attendent un logement HLM quand la production annuelle est en repli. Les mises en chantier ont reculé, les opérations neuves patinent et nombre de projets sont reportés faute d’équilibre économique. D’où l’appel d’Emmanuelle Cosse à “produire plus” rapidement, tout en ne sacrifiant ni la qualité, ni la performance environnementale.

Au-delà du neuf, la rénovation du parc existant est l’autre pilier du plan de bataille. Les bailleurs sociaux envisagent des programmes massifs d’isolation de façades, de remplacement des menuiseries, de modernisation des chaufferies et de ventilation, ainsi que de traitement des passoires thermiques. Le mot d’ordre : sobriété, baisse des charges pour les locataires, et qualité d’usage.

Pour la filière, ces priorités se traduiront par des chantiers plus nombreux mais aussi plus complexes, en site occupé pour une grande partie des rénovations. Organisation, propreté, phasage, communication locataires et respect des délais seront déterminants pour gagner et sécuriser les marchés.

Budget 2027 : des “lignes rouges” pour préserver la capacité d’investir des bailleurs

L’USH demande un cap budgétaire stable afin que les organismes HLM puissent programmer et financer leurs opérations. Plusieurs exigences ont été posées comme non négociables pour 2027 :

  • Pas de nouvelles ponctions sur les bailleurs sociaux ni d’aggravation des mécanismes existants qui grèveraient leur autofinancement.
  • Sanctuariser les aides à la personne (APL) et éviter tout transfert de charges vers les bailleurs, qui fragiliserait la production.
  • Stabiliser la TVA à 5,5% sur le logement social éligible (construction et rénovation) pour préserver l’équilibre économique des opérations.
  • Compenser les hausses de fiscalité locale, notamment la taxe foncière, qui pèsent lourdement sur l’exploitation du parc et l’effort d’investissement.
  • Garantir des conditions de prêts soutenables via la Caisse des Dépôts, avec une visibilité pluriannuelle sur les enveloppes et les taux, afin de sécuriser les plans pluriannuels de travaux.
  • Créer ou renforcer des fonds de compensation pour absorber les surcoûts liés aux exigences environnementales (biosourcés, bas-carbone, réemploi) sans retarder les chantiers.

Objectif affiché par la présidente de l’USH : redresser la courbe des agréments et viser un volume de production compatible avec les besoins, tout en maintenant un haut niveau d’ambition environnementale. Une équation possible seulement si le cadre budgétaire n’érode pas la capacité d’investissement des bailleurs.

“Relance logement” : un texte imparfait mais utile pour débloquer les chantiers

Emmanuelle Cosse a appelé les parlementaires à adopter rapidement le projet de loi “Relance logement”. Le texte, bien que perfectible, contient des leviers concrets pour fluidifier les opérations et accélérer la sortie de terre des programmes, en particulier dans les zones tendues.

Des mesures attendues pour accélérer

  • Simplification des autorisations d’urbanisme et réduction des délais de contentieux pour limiter les retards.
  • Densification maîtrisée autour des centralités et des transports, avec assouplissement des règles de stationnement et de hauteur lorsque la qualité urbaine est garantie.
  • Transformation de bureaux en logements facilitée, avec des procédures plus lisibles pour le changement de destination et l’adaptation des normes.
  • Mobilisation accélérée du foncier public, décote renforcée pour le logement social et fléchage clair des réserves disponibles.
  • Adaptations ciblées aux contraintes ZAN, afin de ne pas bloquer les projets HLM structurants là où la demande est la plus forte.

L’USH plaide pour un vote rapide, puis pour un travail fin en textes d’application et en loi de finances, afin d’ajuster ce qui doit l’être. L’objectif n’est pas de renoncer à l’exigence, mais de faire simple et vite pour réamorcer la pompe.

Opportunités pour les artisans et PME du BTP : comment capter la commande HLM

Le redémarrage de la production et la montée en puissance des rénovations ouvrent un gisement de marchés pour les TPE-PME. Encore faut-il s’organiser et se rendre visible auprès des bailleurs.

Où seront les besoins métiers ?

  • Enveloppe et isolation : ITE/ITI, sarking, traitement des ponts thermiques, étanchéité à l’air, VMC hygroréglable.
  • Chauffage et ECS : chaudières collectives performantes, réseaux de chaleur, pompes à chaleur, solaire thermique, régulation.
  • Menuiseries et protections solaires : menuiseries performantes, brise-soleil, stores, occultations.
  • Structure et second œuvre : réhabilitation lourde, renforcement structurel, mise aux normes électriques, accessibilité, sécurité incendie.
  • Matériaux biosourcés et bas-carbone : bois, isolants naturels, bétons à moindre empreinte, réemploi et réutilisation.

Se positionner efficacement

  • Anticiper les appels d’offres sur les profils acheteurs des bailleurs, se référencer, et surveiller les consultations récurrentes par corps d’état séparés.
  • Constituer des groupements complémentaires pour proposer des offres globales, avec un pilotage chantier et un plan QSE solides.
  • Valoriser les qualifications (RGE, QualiPAC, Qualibois, QualiPV, etc.), les FDES/PEP et les références en site occupé.
  • Préparer la logistique en site occupé : planning fin, information locataires, propreté, continuité de service, gestion des nuisances.
  • Intégrer les clauses sociales dans les offres et s’appuyer sur les facilitateurs de l’insertion pour monter les équipes.

Les bailleurs restent très attentifs au coût global et à la performance dans le temps. Misez sur l’analyse en coût complet (énergie, maintenance, durabilité) et sur des solutions robustes, traçables et facilement maintenables.

Prix, délais, financement : sécuriser ses marchés dans un contexte mouvant

La volatilité des prix et des délais n’a pas disparu. Les entreprises doivent sécuriser leurs offres et leur trésorerie pour tenir leurs engagements.

Contractualiser intelligemment

  • Clauses de révision et indexation (type BT01) à négocier pour couvrir les évolutions de coûts.
  • Délais réalistes intégrant les contraintes d’approvisionnement et le phasage en site occupé.
  • Pilotage des sous-traitants : capacités vérifiées, points d’arrêt qualité, pénalités anticipées.
  • Plan de prévention renforcé et coactivité bien maîtrisée pour éviter les dérives en sécurité et planning.

Mobiliser les bons leviers financiers

  • Certificats d’économies d’énergie (CEE) : opportunités de cofinancement sur les bouquets de travaux performants.
  • Appels à projets régionaux : aides possibles sur le bas-carbone, l’industrialisation et le biosourcé.
  • Formation et montée en compétences via l’OPCO de la branche pour répondre aux exigences environnementales et réglementaires.

L’industrialisation fait aussi son chemin : préfabrication 2D/3D, façades rapportées, menuiseries sur mesure en flux tendu. Ces solutions peuvent réduire les aléas de chantier, à condition d’anticiper la conception et la logistique.

Conclusion : mobilisation générale pour une relance utile et opérationnelle

Le message lancé à Bordeaux par l’USH est sans ambiguïté : produire plus et rénover massivement sont les deux faces d’une même urgence. Les “lignes rouges” budgétaires visent à sécuriser l’investissement des bailleurs, tandis que le projet de loi “Relance logement” doit déverrouiller, dès maintenant, des milliers d’opérations attendues.

Pour les artisans et PME du BTP, le moment est propice pour se positionner, structurer des offres compétitives et prêtes à exécuter. Visibilité sur les marchés HLM, qualité d’exécution en site occupé, professionnalisation environnementale et gestion fine des prix et délais seront les clés pour capter cette relance. Si le cadre politique tient ses promesses, 2025-2027 pourrait marquer un véritable tournant pour la construction et la rénovation du logement social. À chacun de se préparer dès aujourd’hui pour être au rendez-vous.

Source · Batiactu

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