Aller au contenu principal

Actualités BTP

Aéroport Lyon-Saint-Exupéry : chantier BTP avant les JO 2030

Un plan de 350 M€ pour étendre terminaux, bagages et accès, fluidifier les flux et réduire le carbone. Phasage fin, préfabrication et sécurité en site occupé.

Publié
N° 22/10
Rubrique
Actualités BTP
Lectures
50
Source
Batiactu
Aéroport Lyon-Saint-Exupéry : chantier BTP avant les JO 2030

50 lectures

Lyon-Saint-Exupéry accélère sa modernisation avant les JO d’hiver 2030

Cinquante ans après sa mise en service, l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry enclenche un programme de modernisation d’ampleur pour absorber la hausse de trafic attendue et offrir un parcours passager plus fluide. Objectif affiché : être prêt pour l’afflux des visiteurs des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, tout en posant les bases d’une plateforme plus performante et plus sobre en carbone.

Ce chantier, estimé à une enveloppe prévisionnelle avoisinant 350 M€, mêle extension de capacités, rénovation technique et réorganisation des accès. Les entreprises du BTP et de l’artisanat sont en première ligne : phasage fin, sécurité en site occupé, solutions bas carbone et préfabrication seront les clés d’une exécution sans rupture d’exploitation.

Un chantier d’extension et de modernisation en plusieurs lots

Le programme vise à fluidifier chaque maillon du parcours, du parvis à la porte d’embarquement. Il combine des travaux sur les terminaux, les systèmes bagages, les accès routiers et l’intermodalité avec le rail et le tram express.

Capacités terminales et réaménagements intérieurs

L’extension se concentrera sur le renforcement du Terminal 2 et l’optimisation des flux au Terminal 1. Sont prévus : l’ajout de nouvelles portes d’embarquement, la création d’espaces de contrôle sûreté élargis avec scanners CT, et la reconfiguration des halls d’enregistrement pour réduire les points de congestion aux heures de pointe.

  • Extension T2 : nouvelle jetée modulaire avec 6 positions avion, passerelles télescopiques et salles d’embarquement reconfigurables.
  • Postes inspection-filtrage : lignes automatiques à bacs à retour rapide, contrôle 3D, gain attendu de 30 à 40% de débit.
  • Espaces commerciaux et services : mise en valeur d’artisans locaux, restauration rapide bas carbone, zones familles et PMR repensées.

Systèmes techniques et bagages de dernière génération

Le système de tri bagages sera porté au standard EDS niveau 3/CB, avec redondance accrue et supervision centralisée. Les réseaux CVC, CFO/CFA et le GTB seront rénovés pour réduire les consommations et faciliter la maintenance prédictive.

  • BHS/EDS : remplacement des convoyeurs, nouvelles machines de sûreté, tri en boucles intelligentes et balances automatiques aux comptoirs.
  • Electricité et data : renforcement TGBT, éclairage LED DALI, backbone fibre optique, Wi-Fi 6E dans l’ensemble des salles d’embarquement.
  • CVC : rooftops à variateurs haute efficacité, récupération de chaleur sur groupes froids, monitoring énergétique par zone.

Accès, intermodalité et aire aéronautique

Pour absorber les flux JO, les abords seront retravaillés avec un parvis lisible, une meilleure connexion au TGV et au Rhônexpress, et une hiérarchisation claire des circulations véhicules légers, bus et VTC.

  • Parvis et voirie : voies dépose-minute dédiées, zones taxis rationalisées, jalonnement dynamique.
  • Intermodal : requalification des cheminements couverts vers la gare TGV, abris vélos sécurisés, signalétique unifiée.
  • Airside : LED pour balisage lumineux, optimisation de bretelles de roulage, aires de dégivrage réaménagées pour l’hiver 2030.

Le calendrier prévisionnel s’articule sur quatre ans : études détaillées et procédures en 2025-2026, démarrage travaux en 2027, montée en cadence 2028, essais et mise en service progressive courant 2029 pour une pleine capacité à l’hiver 2029-2030.

Sobriété carbone, numérique et qualité d’usage au cœur du projet

Au-delà de la capacité, la maîtrise d’ouvrage inscrit la performance environnementale et le numérique dans le cahier des charges. Les entreprises devront proposer des variantes bas carbone et des méthodes à faible nuisance compatibles avec un site en exploitation.

Stratégie énergétique et matériaux bas carbone

Le plan énergie prévoit une combinaison d’actions : toitures photovoltaïques, pompes à chaleur réversibles, géothermie sur sondes, et pilotage fin des consignes. Les nouveaux volumes seront conçus pour limiter les déperditions, avec façades performantes et protections solaires adaptées.

  • Photovoltaïque : environ 20.000 m² de panneaux, puissance cible 8 MWc, autoconsommation prioritaire en journée.
  • Chaud/froid : PAC haute efficacité, boucle d’eau tempérée, free-cooling et récupération sur CTA.
  • Matériaux : béton bas carbone (CEM III, additions cimentaires), granulats recyclés, bois et panneaux biosourcés en zones publiques.
  • Eau : récupération d’eaux pluviales pour sanitaires et nettoyage, noues d’infiltration et gestion à la parcelle.

Des objectifs de labels sont visés sur les nouvelles constructions (type BREEAM Very Good/HQE) et une politique de chantier à faibles émissions sera exigée : engins Stage V, carburants HVO, plans anti-poussières et valorisation de 70% minimum des déchets de chantier.

BIM, préfabrication et qualité d’exploitation

Le projet intégrera un jumeau numérique pour la phase exploitation-maintenance. Un relevé laser des existants alimentera une maquette BIM fédérée. Les corps d’état techniques interviendront sur la base d’un CDE commun, avec contrôles de collision systématiques.

  • BIM niveau 2 : maquettes métiers, nomenclatures, DOE numérique, passerelles vers la GMAO.
  • Préfabrication : façades cassette pré-assemblées, modules MEP skidés, gain de délais et réduction des nuisances.
  • Confort d’usage : acoustique travaillée (vitrages triples, panneaux micro-perforés), éclairage naturel renforcé, signalétique multilingue.

La sécurité incendie et la sûreté seront renforcées avec des compartimentations lisibles, SSI adressable redondé et vidéoprotection remaillée. Les circulations PMR seront mises au meilleur niveau, avec bandes podotactiles et asservissements automatiques des portes.

Marchés, calendrier et conseils pratiques pour les pros du BTP

Les consultations se dérouleront en vagues, avec des lots séparés et des macro-lots pour la partie gros œuvre-façade et MEP. Les groupements conjoints sont encouragés afin de sécuriser la coactivité et le planning serré.

  • Macro-lots pressentis : terrassements/gros œuvre/charpente métallique/façades ; CVC-plomberie ; CFO/CFA/SSI ; BHS-EDS et automation ; aménagements intérieurs ; VRD-parvis et signalétique.
  • Lots réservés aux PME/ETI : second œuvre, menuiseries intérieures, sols et revêtements, éclairage architectural, aménagement paysager, serrurerie-métallerie.
  • Prestations spécifiques : balisage lumineux aéroportuaire, passerelles avions, CT sûreté, systèmes d’appel PMR, contrôle d’accès en zones réservées.

Le phasage imposera des fenêtres de travail de nuit et en heures creuses, ainsi que des bascules temporaires d’itinéraires passagers. La continuité de service est un impératif : essais sous charge, plan de reprise et redondances devront être anticipés dès la conception d’exécution.

Exigences site occupé et sûreté aéroportuaire

Travailler en zone aéroportuaire requiert des habilitations spécifiques. Les équipes intervenant en zone réservée devront être accréditées et suivre des formations sûreté. Les procédures de contrôle des matériels et consommables à l’entrée de zone seront strictes.

  • Accréditations : badges zones réservées, formations sûreté type 11.2, validation des PPSPS par l’exploitant.
  • Logistique : créneaux de livraison balisés, itinéraires matériels dédiés, stockage tampon limité en pied d’ouvrage.
  • Qualité/Sécurité : plans de prévention renforcés, balisage piéton, coordination étroite avec l’OPS aéroport et le PC sécurité.

Pour se positionner, les entreprises ont intérêt à préparer un dossier technique démontrant leur maîtrise des environnements sensibles, leur plan QSE, et des variantes bas carbone. Les références en site occupé (hôpitaux, gares, data centers) seront valorisées.

Conseils clés pour gagner du temps et limiter les risques

  • Anticiper les délais d’approvisionnement sur équipements critiques (machines CT, SSI, GTC) ; sécuriser les chaînes dès la notification.
  • Privilégier la préfabrication et les modules prêts à brancher pour limiter la coactivité et réduire les interventions nocturnes.
  • Outiller le suivi via maquettes d’exécution, planning Takt Time et fiches de points d’arrêt partagées dans le CDE.
  • Soigner l’interface avec l’exploitation : procédures de consignation, essais hors heures de pointe, communication hebdo avec le PC exploitation.
  • Intégrer l’insertion : objectifs de clauses sociales et formation aux métiers en tension pour accompagner la montée en charge 2028-2029.

Les retombées économiques seront notables pour l’écosystème local : jusqu’à 800 emplois mobilisés en pic d’activité, sous-traitance régionale priorisée, et transfert de compétences durables sur les solutions bas carbone et le BIM exploitation.

À l’horizon 2030, Lyon-Saint-Exupéry ambitionne d’augmenter sa capacité nominale tout en améliorant le confort et la résilience opérationnelle. Pour les entreprises du BTP, c’est une fenêtre stratégique : se positionner tôt, structurer des offres robustes et sécuriser l’exécution en site occupé seront décisifs pour transformer l’essai avant l’échéance olympique.

Source · Batiactu

À lire également

Toute la rubrique →