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Rénovation énergétique

Batimat 2026: le BTP met la rénovation de l’existant en tête

Face au réchauffement, priorité à la réhabilitation: 80% des bâtiments 2050 existent déjà. Pour le BTP, booster l’isolation, le confort d’été et la résilience

Publié
N° 28/09
Rubrique
Rénovation énergétique
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Batiactu
Batimat 2026: le BTP met la rénovation de l’existant en tête

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Face au climat qui se réchauffe, la rénovation de l’existant doit devenir la priorité n°1

À l’occasion de Batimat 2026, Saint-Gobain a remis un sujet au centre du jeu: si la France veut protéger son parc bâti et réduire ses émissions, il faut accélérer massivement la rénovation des bâtiments existants. Le message est clair pour la filière: l’avenir du BTP se jouera autant dans les ateliers et sur les chantiers de réhabilitation que sur les nouvelles constructions.

Le parc n’a pas été dimensionné pour des étés plus longs, des pluies plus intenses et des épisodes de chaleur extrême. Or, 80% des bâtiments qui seront utilisés en 2050 sont déjà construits. Pour les artisans et entrepreneurs, c’est une opportunité de marché majeure, mais aussi un défi technique: combiner performance énergétique, confort d’été et résilience face aux aléas climatiques.

Pourquoi concentrer l’effort sur l’existant

Rénover l’existant est la voie la plus rapide pour réduire la facture énergétique et l’empreinte carbone opérationnelle. Les bâtiments antérieurs aux années 1990 représentent une grande part des “passoires” thermiques, avec des défauts d’isolation, d’étanchéité à l’air et de ventilation. Dans un contexte d’énergie volatile, chaque kWh économisé compte double: pour la planète et pour le pouvoir d’achat des occupants.

Mais l’enjeu dépasse l’hiver. Les vagues de chaleur se multiplient, et le risque de surchauffe estivale progresse. L’architecture d’hier, pensée pour retenir la chaleur, se révèle souvent inadaptée aux étés actuels. Miser uniquement sur la climatisation accroît la consommation et les pointes électriques. La priorité est donc aux solutions passives et sobres intégrées à la rénovation globale.

  • Surchauffe estivale: combles mal isolés, vitrages non protégés, inertie insuffisante.
  • Précipitations intenses: façades et toitures sollicitées, gestion des eaux pluviales à reconsidérer.
  • Qualité de l’air intérieur: étanchéité sans ventilation adaptée = risque sanitaire.
  • Inflation réglementaire et attentes clients: performance mesurable, preuves à l’appui.

Selon Saint-Gobain, donner la priorité à l’existant, c’est aussi sécuriser la trajectoire de décarbonation du secteur. Les solutions industrielles standardisées, les systèmes complets et les FDES facilitent des choix éclairés et traçables sur les chantiers.

Quatre leviers techniques pour des bâtiments plus résilients

Passer d’une rénovation “par gestes” à une approche globale suppose de coordonner enveloppe, systèmes et usages. Voici les chantiers à privilégier pour des résultats durables.

  • 1) L’enveloppe avant tout
    Isoler par l’extérieur (ITE) ou par l’intérieur selon contexte, traiter systématiquement les ponts thermiques (nez de dalle, tableaux), viser une étanchéité à l’air maîtrisée (tests intermédiaires si possible). Toiture et combles sont le premier poste de déperdition: isolants performants, pare-vapeur continu et accessoires compatibles sont essentiels. Sur façades, les systèmes sous Avis Technique sécurisent la mise en œuvre et les assurances.
  • 2) Confort d’été passif
    Protections solaires extérieures (BSO, volets, casquettes), vitrages sélectifs, teintes claires et cool roofs sur toitures. Renforcer l’inertie (doublages lourds, chapes, isolants à déphasage élevé) limite les pics de température. La végétalisation réfléchie (au sol ou en façade) et la désimperméabilisation participent à réduire l’îlot de chaleur local.
  • 3) Ventilation et qualité de l’air
    Une isolation renforcée exige une ventilation fiable. VMC hygroréglable ou double flux selon projet, bouches correctement dimensionnées, réseaux étanches et entretenus. En tertiaire ou en logements très performants, la double flux avec échangeur haute efficacité apporte confort et économies supplémentaires. Penser monitoring simple (CO₂, hygrométrie) pour piloter et rassurer les utilisateurs.
  • 4) Gestion de l’eau et pathologies
    Devant des pluies plus intenses, gouttières, descentes et étanchéité des points singuliers sont à reconsidérer. Drainage en pied de façade, relevés d’étanchéité soignés, protections des soubassements et choix de revêtements perspirants en rénovation pierre/terre crue. La récupération d’eau de pluie pour usages non potables soulage le réseau et valorise le projet.

À ces piliers s’ajoute le choix des matériaux bas carbone et biosourcés lorsque le contexte s’y prête: isolants en fibres de bois, ouate, chanvre, enduits terre, ou plaques à faible impact. Les éco-systèmes industriels proposent aujourd’hui des systèmes complets, avec accessoires compatibles, fiches FDES et outils de calepinage pour fiabiliser les devis et la mise en œuvre.

Structurer un parcours de rénovation performant

Pour les entreprises, la clé est d’industrialiser la méthode tout en restant agiles. Un parcours type limite les aléas et sécurise la satisfaction client.

  • Diagnostic et objectifs
    Audit énergétique, relevés in situ, repérage des pathologies, premiers calculs de déperditions. Clarifier le niveau visé: étiquette DPE, réduction des consommations, confort d’été, qualité d’air, obligations locales (décret tertiaire, PLU).
  • Conception globale
    Scénarios chiffrés intégrant enveloppe, systèmes et usages. Études thermiques dynamiques lorsque la surchauffe est un risque. Simulation de déphasage et d’inertie pour orienter le choix des matériaux et protections solaires.
  • Phasage intelligent
    Planifier une trajectoire en 2 à 3 étapes si le budget est contraint, en évitant les impasses techniques (isoler sans ventiler, par exemple). Documenter ce phasage pour faciliter les aides et rassurer le maître d’ouvrage.
  • Qualité d’exécution
    Calepinage, préparation des supports, continuité des membranes, traitement des percements. Tests d’étanchéité recommandés avant fermeture en rénovation lourde. Photographies et PV de contrôle à l’appui.
  • Mise en service et suivi
    Réglages des débits, équilibrage, consignes d’usage simples, carnet de bord. Un contrôle à 6 ou 12 mois permet d’optimiser et de fidéliser le client.
  • Compétences et labels
    Formations FEEBAT, qualification RGE, montée en compétence sur confort d’été, humidité, matériaux biosourcés. Outils numériques (BIM, scan 3D) pour limiter les imprévus et fiabiliser les métrés.

Saint-Gobain insiste sur l’intérêt des systèmes compatibles et de la documentation technique accessible: guides de mise en œuvre, logiciels de dimensionnement, objets BIM, FDES. Ces supports font gagner du temps en étude comme en chantier, et sécurisent les assurances.

Financements, marchés et opportunités pour la filière

La demande augmente, mais elle reste sensible au reste à charge. Savoir monter les dossiers d’aides est devenu un avantage concurrentiel pour les artisans et PME.

Aides mobilisables

  • MaPrimeRénov’ (Anah): priorise la rénovation globale accompagnée et les bouquets performants. Bonus possibles pour sortie de passoire et confort d’été selon configurations.
  • CEE (certificats d’économies d’énergie): cumulables sous conditions, essentiels pour l’isolation, la VMC, les systèmes. Vérifier les fiches d’opération standardisées et la conformité des preuves.
  • Éco-PTZ et aides locales: complément pour lisser l’investissement, particulièrement en copropriété et maisons individuelles.
  • Décret tertiaire: dans le non résidentiel, obligations de réduction de consommations qui tirent le marché de la réhabilitation énergétique.

Segments porteurs

  • Copropriétés: massification grâce aux plans pluriannuels de travaux et à l’accompagnement des syndics.
  • Parc social: marchés récurrents, exigences élevées sur la qualité et la traçabilité.
  • Maison individuelle: demande forte sur le confort d’été, les extensions/réhausse et l’ITE avec relooking de façade.
  • Tertiaire diffus: commerces, petites écoles, cabinets médicaux: chantiers rapides avec gains visibles.

Pour capter ces marchés, proposez des offres packagées: audit + travaux + financement + suivi. La lisibilité rassure et accélère la décision. Côté chantier, les solutions industrialisées (ossatures légères, façades modulaires, kits ITE) réduisent les délais et les aléas d’approvisionnement.

Conclusion: transformer la contrainte climatique en levier de valeur

Le signal envoyé à Batimat 2026 est sans ambiguïté: prioriser la rénovation, c’est protéger les occupants, sécuriser le patrimoine bâti et décarboner vite. Pour les artisans et entreprises du BTP, l’essentiel est d’investir dans les compétences, les labels et les partenariats industriels afin de délivrer des rénovations globales, mesurables et pérennes.

Conseil pratique: commencez par bâtir un “kit méthode” maison (audit type, bibliothèques de détails, check-lists, fiches d’aides, protocole qualité). Capitalisez chantier après chantier. En associant solutions passives, systèmes sobres et matériaux documentés, vous livrerez des bâtiments réellement adaptés au climat qui change, tout en renforçant votre position sur un marché appelé à croître durablement.

Source · Batiactu

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