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Marchés & Tendances

Seine-et-Marne: NGE aux commandes de la DSP d’assainissement

Une commune confie à NGE la gestion des eaux usées et pluviales via une DSP: fiabilisation des réseaux, maîtrise des coûts, investissements et opportunités BTP.

Publié
04/09
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Batiactu
Seine-et-Marne: NGE aux commandes de la DSP d’assainissement

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Seine-et-Marne : une DSP d’assainissement confiée à NGE, cap sur la performance et l’innovation

Une commune de Seine-et-Marne vient de confier, via une délégation de service public, la gestion de ses eaux usées et pluviales à NGE, par l’intermédiaire d’une filiale spécialisée en services environnementaux. Ce contrat de long terme marque un tournant pour le territoire, avec l’objectif de fiabiliser les réseaux, d’optimiser les coûts d’exploitation et d’accélérer la transition écologique.

Pour les professionnels du BTP, les entreprises de réseaux et les artisans, cette DSP ouvre une phase d’investissements structurants et un volume de travaux récurrents. De la réhabilitation sans tranchée à l’électromécanique en station d’épuration, en passant par l’instrumentation et la gestion des eaux pluviales, les opportunités vont se multiplier dans les mois à venir.

Un contrat taillé sur mesure pour l’assainissement collectif et pluvial

La délégation couvre l’ensemble du service d’assainissement collectif et la gestion des eaux pluviales urbaines, avec un dispositif d’exploitation 24/7. Elle inclut la surveillance des postes de relevage, la maintenance des déversoirs d’orage, l’exploitation de la station d’épuration (STEP) et le pilotage des investissements programmés. La démarche place la performance environnementale et la maîtrise des coûts au cœur du dispositif.

Le périmètre technique comprend près de 95 km de réseaux d’eaux usées, environ 60 km de collecteurs pluviaux, 18 postes de relèvement et deux bassins de rétention. La STEP, dimensionnée à environ 32 000 équivalents-habitants, fera l’objet de mises à niveau pour répondre aux exigences de la directive Eaux Résiduaires Urbaines et aux arrêtés nationaux en vigueur.

Des indicateurs clés de performance cadrent la DSP : taux de conformité des rejets supérieur à 98 %, réduction mesurée des eaux parasites d’infiltration, temps d’intervention contractuel en cas d’incident et transparence via le Rapport annuel sur le Prix et la Qualité du Service (RPQS). Un plan pluriannuel d’investissements (PPI) d’environ 15 à 20 M€ sur la durée du contrat est annoncé, couvrant les renouvellements de canalisations prioritaires, la modernisation électromécanique et la télégestion.

Modernisation, télégestion et solutions bas-carbone

NGE prévoit un programme de modernisation centré sur la fiabilité des équipements et la data. Objectif : anticiper les aléas, réduire les déversements par temps de pluie et optimiser l’énergie. Pour y parvenir, la filiale environnement installe des capteurs IoT, des débitmètres et des sondes de niveau connectés sur les points névralgiques du réseau et des ouvrages pluviaux.

Au cœur du dispositif, une télégestion unifiée permettra le suivi temps réel des postes de relevage, la détection précoce des remontées d’eaux claires parasites et la gestion dynamique des bassins de stockage. Cette supervision s’appuie sur un jumeau numérique hydraulique afin de simuler différents scénarios d’orage, calibrer les vannes de régulation et limiter les rejets au milieu naturel.

La transition écologique guide également les choix techniques : pompes haut rendement, variateurs de vitesse, optimisation de l’aération en STEP pour baisser la consommation électrique, réduction du H2S par traitements adaptés, et désodorisation au charbon actif autour des postes sensibles. Côté pluvial, des aménagements fondés sur la nature – noues, fossés végétalisés, chaussées drainantes – viendront compléter les collecteurs traditionnels pour favoriser l’infiltration à la source et réduire le ruissellement.

Des marchés concrets pour les entreprises locales du BTP et les artisans

La montée en puissance du contrat va générer des appels d’offres à court et moyen terme. Les entreprises de réseaux, de génie civil, d’électromécanique et d’instrumentation ont tout intérêt à se positionner dès maintenant. Les TPE/PME artisanales pourront capter des lots dédiés, notamment en réhabilitation, branchements particuliers et maintenance.

  • Réseaux et génie civil : renouvellement ciblé de collecteurs d’eaux usées, reprise d’étanchéité de regards, création de by-pass en crue, renforcement de buses pluviales, ouvrages de régulation.
  • Technologies sans tranchée : chemisage continu (CIPP) aux UV, gainage partiel, injection de résines pour joints, robot de fraisage pour intrusions racinaires.
  • Électromécanique et automatisme : remplacement de pompes, clapets, soufflantes, armoires, variateurs, programmation d’automates, capteurs de niveau et de débit connectés.
  • Exploitation et maintenance : curage préventif, inspection télévisée (ITV), détection de fuites, désodorisation, entretien des bassins et grillages, nettoyage haute pression.
  • Gestion pluviale : dispositifs d’infiltration, tranchées drainantes, séparateurs hydrocarbures, régulateurs de débit, aménagements paysagers drainants.

Pour se différencier, les entreprises pourront valoriser leurs certifications FNTP/Qualibat pertinentes (par ex. réseaux d’assainissement, réhabilitation sans tranchée, instrumentation), leur plan de prévention des risques (ATEX, H2S, espaces confinés) et leurs délais d’intervention. La capacité à travailler en milieu urbain contraint, en horaires décalés et avec phasage fin sera déterminante.

Bon réflexe : anticiper les consultations en s’inscrivant sur les profils acheteurs et plateformes d’e-procurement, préparer des mémoires techniques axés sur la sécurité et la continuité de service, et prévoir des partenariats locaux pour mutualiser moyens d’inspection, d’aspiration et d’hydrocurage.

Cadre réglementaire, sécurité et organisation de chantier

La DSP s’inscrit dans un socle réglementaire exigeant : conformité aux prescriptions de l’arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes de collecte, respect des seuils de rejet de la STEP, contrôle des déversoirs d’orage et suivi des Rejets par Temps de Pluie. La commune et l’exploitant publieront chaque année les indicateurs clés via le RPQS, incluant le prix de l’eau et de l’assainissement, les taux de conformité et les investissements réalisés.

Côté sécurité, les intervenants devront maîtriser les risques gaz (H2S, CH4), les atmosphères appauvries en oxygène et les espaces confinés. Les plans de prévention, permis de feu, détecteurs multigaz, ventilations et dispositifs antichute sont indispensables. La consignation électrique et la formation CATEC renforceront les protocoles avant toute intervention en réseau.

En phase travaux, l’organisation s’appuiera sur un SIG à jour, des investigations préalables (géoréférencement, marquage-piquetage), une coordination des réseaux sensibles (DICT), et un phasage garantissant la continuité des flux. L’information riverains, la signalisation temporaire et la gestion des déblais (traçabilité, filières de valorisation) resteront sous haute vigilance.

Conseils pratiques pour capter la valeur sur cette DSP

  • Cartographiez vos atouts : références en assainissement, équipements ITV/curage, compétences automation et pompage, réhabilitations sans tranchée.
  • Soignez le mémoire : plan qualité-sécurité, procédures d’intervention d’urgence, indicateurs de performance, réduction d’empreinte carbone (biocarburants, énergie, itinéraires optimisés).
  • Innovez à coût maîtrisé : propositions de capteurs autonomes, vannes modulantes, outils de modélisation hydraulique pour phaser les renouvellements.
  • Anticipez le stock critique : pompes de secours, kits de by-pass, tuyaux flexibles, charbon actif, pièces d’usure pour réduire les délais d’arrêt.
  • Tissez des alliances : groupements PME complémentaires (GC, électromécanique, automatisme) pour sécuriser les délais et mutualiser la réponse.

À noter également la reprise du personnel en place selon le droit applicable, garantissant la continuité d’exploitation et la préservation des savoir-faire locaux. Les équipes de terrain seront des interlocuteurs clés pour fiabiliser les diagnostics et optimiser les priorités du PPI.

Conclusion : une DSP qui crée des chantiers, de l’emploi et de la valeur locale

La délégation de l’assainissement à NGE en Seine-et-Marne illustre une dynamique forte du secteur : performance contractuelle, digitalisation des réseaux, résilience face aux épisodes pluvieux extrêmes et démarche bas-carbone. Pour les entreprises du BTP et les artisans, ce contrat rime avec marchés concrets, visibilité pluriannuelle et montée en compétences sur les technologies d’exploitation.

Le bon cap consiste à se positionner tôt, à structurer une offre technique solide et à faire de la sécurité un marqueur différenciant. En misant sur la réhabilitation ciblée, la télégestion et la gestion des eaux pluviales à la source, les professionnels locaux peuvent transformer cette DSP en véritable accélérateur de croissance et d’innovation, au service d’un réseau d’assainissement plus fiable et d’un environnement mieux protégé.

Source · Batiactu

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