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Marchés & Tendances

Logement neuf en crise : FFB réclame un PLF de dernière chance

La FFB alerte: objectifs de logement neuf en chute. Elle exige un PLF de relance, des aides lisibles et des signaux rapides pour redémarrer les chantiers.

Publié
16/09
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Batiactu
Logement neuf en crise : FFB réclame un PLF de dernière chance

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Objectifs logement en berne : la FFB réclame un « PLF de la dernière chance »

Les objectifs de construction de logements neufs s’éloignent, et la Fédération française du bâtiment (FFB) tire la sonnette d’alarme. Face à une conjoncture devenue défavorable sur l’ensemble des segments du BTP, l’organisation patronale demande un projet de loi de finances taillé pour la relance, qualifié de « dernière chance ». L’ambition : remettre en marche la production, redonner de la visibilité aux entreprises et réamorcer l’investissement.

Au-delà des annonces du projet de loi sur la relance et la décentralisation du logement, la FFB mise sur un cap budgétaire fort, stable et lisible. Car sur les chantiers comme dans les bureaux d’études, une réalité s’impose : sans signaux économiques concrets et immédiats, l’activité restera atone, du gros œuvre à la rénovation énergétique.

Une crise qui gagne tous les marchés du bâtiment

Le logement neuf cale, le non-résidentiel recule, et l’entretien-rénovation n’absorbe plus à lui seul les à-coups de la conjoncture. Les professionnels constatent une combinaison de freins qui grippent la demande comme l’offre : crédits plus difficiles, coûts élevés, complexité réglementaire et incertitudes sur les aides.

  • Construction neuve en net ralentissement : ventes de logements en VEFA en berne, permis de construire retardés, opérations reportées pour cause de coûts et de financement plus lourds.
  • Logement social sous tension : bouclages d’opérations difficiles, coûts de sortie élevés, foncier rare et cher dans les zones tendues.
  • Non-résidentiel privé en repli : décision d’investir différée par les entreprises et investisseurs, avec des arbitrages plus stricts sur la rentabilité.
  • Entretien-rénovation fragilisé : la demande demeure, mais les ménages ciblent des travaux moins lourds ; la lisibilité des dispositifs (MaPrimeRénov’, CEE) est jugée perfectible.

Sur le terrain, les carnets se rétrécissent, les délais de paiement s’allongent et la trésorerie se tend. Les coûts des matériaux se sont stabilisés mais à des niveaux élevés. Les chantiers deviennent plus complexes à planifier, avec des aléas administratifs persistants (recours, diagnostics, conformité RE2020).

Pour les artisans et PME du BTP, cette pression se traduit par une baisse du taux de transformation des devis, une concurrence accrue sur les prix et des marges plus sensibles aux écarts de productivité. Dans ce contexte, une politique budgétaire ciblée sur le logement et l’investissement paraît, pour la FFB, incontournable.

Pourquoi la loi de finances 2027 est jugée décisive

La FFB appelle à un « PLF de la dernière chance » capable d’agir vite et fort sur la solvabilisation de la demande, la simplification des procédures et la réduction du coût de production. Objectif : enclencher un cycle de commandes qui irrigue tout l’écosystème, des bureaux d’ingénierie aux sous-traitants.

Mesures fiscales et financières prioritaires

  • Relance de l’accession : élargissement et revalorisation du prêt à taux zéro sur les zones tendues et détendues, avec une base de ressources actualisée et une prise en compte des coûts réels de construction.
  • Retour de l’investissement locatif : amortissement fiscal simple et stable pour les logements neufs performants (BBC/RE2020), succession claire au Pinel, ciblée sur l’offre là où les besoins sont avérés.
  • Rénovation énergétique performante : taux de TVA à 5,5% étendu aux bouquets de travaux globaux, stabilité pluriannuelle des barèmes MaPrimeRénov’ et lisibilité sur les CEE pour sécuriser les devis.
  • Logement social : renforcement des enveloppes d’aides à la pierre, prêts CDC allongés, et trajectoire de financement permettant d’abaisser le coût de sortie pour relancer la programmation.

Choc d’offre et simplification

  • Foncier mobilisable : accélération de la cession de foncier public, prime à la densification douce, encouragement des surélévations et de la transformation de bureaux en logements.
  • ZAN avec souplesse : assouplissements ciblés en zones tendues pour rendre faisables les projets, tout en favorisant la recyclage des friches et la sobriété foncière.
  • Permis et contentieux : accélération des délais d’instruction, meilleure prévisibilité des exigences, lutte contre les recours abusifs, renforcement des moyens dans les services instructeurs.
  • Normes et attestations : simplification des procédures de conformité RE2020, articulation plus fluide avec les contrôles techniques, réduction des redondances documentaires.

Relancer rapidement la commande

  • Plan de rattrapage sur les programmes d’habitat intermédiaire et abordable dans les zones de tension locative.
  • Stabilité réglementaire sur 3 ans pour sécuriser les prix, l’ingénierie et les plans de charge, en particulier pour les TPE/PME.
  • Appels d’offres plus agiles avec allotissement favorisant les artisans locaux et pénalités adaptées aux aléas d’approvisionnement.

Relance et décentralisation du logement : utile, mais pas un remède immédiat

Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement contient des leviers importants : rééquilibrage des compétences, outillage foncier local, accompagnement des collectivités. Pour la FFB, ces avancées vont dans le bon sens, mais elles agiront dans le temps long. Or, les entreprises ont besoin de commandes fermes à court terme.

La fédération pointe le risque d’hétérogénéité territoriale si les moyens et la capacité d’ingénierie varient trop selon les collectivités. Elle plaide pour un pilotage national avec objectifs partagés et une trajectoire mesurable, afin d’éviter les zones grises réglementaires qui bloquent les permis.

Ce que les pros doivent anticiper côté territoires

  • Dialoguer en amont avec EPCI et communes sur les PLU, OAP et priorités locales (densification, réhabilitation, friches), pour positionner l’offre.
  • Cartographier les opportunités : opérations de recyclage urbain, surélévations, transformation de locaux en logements, secteurs à mobiliser rapidement.
  • Veille réglementaire sur la ZAN et la planification locale, afin d’adapter les solutions techniques et économiques au contexte de chaque territoire.

Pistes concrètes pour traverser la période et préparer la reprise

Dans l’attente de décisions budgétaires fortes, les artisans et entreprises peuvent agir sur quatre fronts : sécurisation des marges, sourcing de la demande solvable, montée en compétences, et financement.

Sécuriser l’activité et la marge

  • Clauses de révision des prix et délais dans les contrats, avec indexation transparente sur des indices reconnus.
  • Groupements momentanés d’entreprises pour accéder à des marchés plus techniques sans surdimensionner la structure.
  • Achats mutualisés et négociation fournisseurs, en standardisant les prescriptions pour réduire les coûts et aléas.
  • Suivi de productivité chantier fin par fin, avec indicateurs hebdomadaires et retours d’expérience systématiques.

Aller chercher la demande solvable

  • Offres packagées de rénovation globale avec audit, accompagnement administratif et financement (MPR, CEE), pour lever les freins des particuliers.
  • Marchés récurrents auprès des bailleurs sociaux et syndics (maintenance, petits travaux), pour lisser le plan de charge.
  • Tertiaire : se positionner sur les mises en conformité et la performance énergétique (isolation, CVC, GTB) dans le cadre des obligations réglementaires.

Monter en compétences et se différencier

  • RGE, FEEBAT et labels pour sécuriser l’accès aux aides et valoriser l’expertise en rénovation énergétique.
  • Matériaux bas carbone et biosourcés (béton bas carbone, bois, isolants biosourcés) pour répondre aux exigences RE2020 et aux appels d’offres verts.
  • BIM et préfabrication pour gagner en précision, limiter les non-qualités et réduire les délais d’exécution.
  • Conformité REP PMCB : intégration des filières de reprise et traçabilité des déchets pour optimiser les coûts et sécuriser les chantiers.

Financement et trésorerie

  • Affacturage et cessions Dailly pour raccourcir les délais d’encaissement et stabiliser la trésorerie.
  • Garanties Bpifrance sur les investissements productifs et le besoin en fonds de roulement, avec étalement des échéances.
  • Préfinancement des aides (CEE, MaPrimeRénov’) via partenaires pour réduire l’avance de trésorerie des clients.
  • Leasing matériel afin de préserver la capacité d’investissement tout en modernisant le parc.

En conclusion : un budget pour rebondir, mais l’adaptation reste clé

La FFB place la loi de finances 2027 au cœur d’une sortie de crise crédible : solvabiliser, simplifier, stabiliser. Un « PLF de la dernière chance » pourrait produire un triple effet utile au secteur du bâtiment : relancer la production de logements, sécuriser l’emploi et accélérer la transition bas carbone.

Pour autant, l’attente ne doit pas paralyser l’action. Les entreprises qui préparent dès maintenant leurs offres éligibles aux futures aides, resserrent leur pilotage et renforcent leur différenciation sortiront plus fortes. Le conseil pratique : établir un plan d’action 90 jours, une feuille de route 12 mois et une veille active sur les dispositifs (PTZ, MaPrimeRénov’, CEE, logement social). En parallèle, se rapprocher de sa fédération locale pour partager des retours d’expérience et identifier des opportunités.

Si le cap budgétaire donne le signal attendu, la filière saura redémarrer. À condition d’articuler, sans délai, un soutien puissant à la demande, un choc d’offre crédible et une simplification opérationnelle au service des chantiers.

Source · Batiactu

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