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Marchés & Tendances

Convention Action Logement : un cap clair urgent pour le BTP

Chute des permis, coûts en hausse: la convention quinquennale d’Action Logement est urgente pour sécuriser les chantiers, relancer le BTP et l’emploi partout.

Publié
N° 25/09
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Batiactu
Convention Action Logement : un cap clair urgent pour le BTP

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Convention quinquennale Action Logement : l’urgence d’un cap clair pour le BTP

Au Congrès HLM, le message a été sans détour : « il est minuit moins une ». En présence du ministre Vincent Jeanbrun, le président du groupe paritaire a rappelé une évidence trop souvent oubliée : le logement n’est pas une charge. C’est un levier d’activité pour les entreprises du bâtiment, un moteur d’emplois dans les territoires et, à terme, une source de recettes publiques via la TVA, les cotisations et l’impôt.

Dans un contexte de baisse des permis de construire, de coûts élevés des matériaux et d’inflation persistante, la signature d’une nouvelle convention quinquennale d’Action Logement devient un marqueur stratégique. Exigée « avant la fin de l’année », cette feuille de route doit sécuriser les volumes d’opérations, préciser les priorités et remettre en marche un pipeline de chantiers dont dépendent directement artisans, PME et ETI du secteur.

Une convention qui oriente cinq ans de chantiers

Action Logement, financé par la PEEC (participation des employeurs à l’effort de construction), contractualise avec l’État sur cinq ans des objectifs et des moyens. Derrière cette technicité administrative, une réalité très concrète pour les pros du BTP : des programmes de construction, de rénovation et de réhabilitation à venir, avec des règles du jeu claires et des budgets fléchés.

Ce que fixe la convention

  • Volumes d’investissements en logement social et intermédiaire, et en réhabilitation lourde du parc.
  • Cibles territoriales (villes moyennes, zones tendues, territoires ruraux) pour répondre aux besoins locaux d’emploi et de logement des salariés.
  • Priorités techniques : rénovation énergétique performante, désamiantage, confort d’été, traitement des passoires thermiques, conformité RE2020.
  • Outils d’intervention : prêts bonifiés, subventions, ingénierie, accompagnement des bailleurs et entreprises.

Cette architecture conditionne l’effet d’entraînement sur toute la chaîne : gros œuvre, second œuvre, lots techniques, maintenance, et services associés (BIM, audits, diagnostics). Sans texte signé, la programmation se fige, les appels d’offres tardent, et les carnets se tendent.

Au Congrès HLM : des attentes fermes et un calendrier serré

Devant les bailleurs sociaux et élus locaux, le président du groupe paritaire a réaffirmé que chaque euro placé dans le logement alimente l’économie réelle : entreprises locales mobilisées, emplois non délocalisables, recettes fiscales.

Les priorités mises sur la table

  • Un calendrier opposable : publication de la convention et de sa feuille de route d’ici fin d’année pour éviter un « trou d’air » en 2025.
  • La sanctuarisation de la PEEC : maintenir l’outil de financement au service des salariés et des territoires, sans ponctions budgétaires conjoncturelles.
  • La simplification des procédures et des cofinancements avec l’État, la Caisse des Dépôts et les Régions pour réduire les délais d’instruction.
  • La cohérence des politiques publiques : articulation avec ZAN (zéro artificialisation nette), RE2020, et stratégie de lutte contre les passoires énergétiques.

Le ministre Vincent Jeanbrun a pris acte de l’urgence. Pour les professionnels, l’enjeu est clair : obtenir des signaux suffisamment lisibles pour lancer études, embauches et approvisionnements sans alourdir la prise de risque.

Quels impacts concrets pour artisans et PME du bâtiment ?

La convention quinquennale, c’est d’abord un cadre d’investissement qui oriente la nature des marchés. Trois familles d’opérations vont structurer l’activité des prochains mois si la signature intervient rapidement.

1. Rénovation énergétique performante du parc

Isolation par l’extérieur, traitement des ponts thermiques, remplacement des menuiseries, ventilation, décarbonation des systèmes (PAC, réseaux de chaleur, hybridation), gestion du confort d’été : les lots thermiques et enveloppe seront au cœur du jeu. Les entreprises RGE, dotées d’un service d’étude et d’un plan qualité chantier, partiront avec une longueur d’avance.

  • Mettez à jour vos références RE2020 et vos FDES/EPD produits.
  • Anticipez l’approvisionnement en biosourcés (laine de bois, ouate) et en solutions bas carbone (bétons à liants alternatifs).
  • Structurez les opérations en site occupé : planning fin, communication locataires, propreté, sécurité.

2. Construction neuve ciblée et frugale en foncier

Dans un contexte ZAN, les projets neufs viseront la densification raisonnée, la transformation de friches et la surélévation. Les acteurs capables de proposer des solutions industrialisées (préfabrication, modulaire 2D/3D), de maîtriser l’ACV dynamique et la sobriété des réseaux décrocheront des marchés à forte valeur.

  • Renforcez vos compétences BIM exécution et DOE numériques.
  • Proposez des variante techniques bas carbone dès l’analyse d’offres.
  • Travaillez en groupement pour couvrir l’ensemble des lots et sécuriser délais/coûts.

3. Réhabilitation lourde et remise à niveau réglementaire

Traitement de l’amiante, mise en sécurité incendie, accessibilité, réfection des parties communes, rénovation des réseaux : des marchés « complexes » mêlant technique et logistique, propices aux PME organisées en macro-lots avec pilotage TCE.

  • Consolidez votre plan de prévention et vos habilitations (SS4, ATEX, travail en hauteur).
  • Prévoyez une ingénierie de phasage fine pour limiter les relogements temporaires.
  • Négociez des avances de démarrage et des acomptes mensuels pour préserver la trésorerie.

Comment se préparer dès maintenant

Ne pas attendre la publication pour agir reste la meilleure défense contre l’incertitude. Quelques réflexes concrets pour sécuriser votre activité et gagner en compétitivité sur les marchés Action Logement et bailleurs sociaux.

Mettre à jour ses habilitations et son dossier marché

  • Actualisez vos qualifications (RGE, Qualibat, QualiPAC, chauffage, électricité), vos attestations d’assurances et votre DUME.
  • Préparez des mémoires techniques types par lot avec fiches chantiers et indicateurs de performance énergétiques.
  • Formalisez un plan déchets conforme (traçabilité, valorisation, REP PMCB) et une charte d’achats responsables.

Cartographier les donneurs d’ordres et tisser des partenariats

  • Identifiez les bailleurs sociaux actifs sur votre territoire, leurs programmations prévisionnelles et leurs cadres d’accords.
  • Approchez les AMO/architectes/BE qui montent les opérations Action Logement pour vous positionner tôt.
  • Montez des groupements complémentaires (CVC + élec + enveloppe) pour répondre sur des opérations globales, y compris en conception-réalisation.

Optimiser la trésorerie et le pilotage

  • Négociez des délais de paiement encadrés et anticipez la facturation électronique.
  • Verrouillez vos approvisionnements critiques (PAC, menuiseries, isolants) avec clauses de révision adaptées.
  • Suivez vos coûts de non-qualité et planifiez les autocontrôles pour limiter les réserves en livraison.

Trois leviers immédiats pour maintenir l’activité

  • Entretien et maintenance des parcs existants: marchés pluriannuels multi-techniques (chaufferies, ventilation, GTB) assurent un flux stable de petits travaux et dépannages.
  • CEE et cofinancements: mobilisez les certificats d’économies d’énergie en complément des subventions pour boucler le plan de financement des bailleurs et déclencher les ordres de service.
  • Offre « site occupé »: formez vos équipes à l’intervention en habitat occupé (propreté, créneaux horaires, médiation locataire) pour devenir le partenaire privilégié sur les réhabilitations.

Ces leviers n’attendent pas la convention pour être actionnés, mais ils seront amplifiés par une feuille de route claire. Ils renforcent également votre crédibilité au moment de la sélection des entreprises.

Conclusion: sécuriser l’élan du logement, sécuriser nos emplois

Le signal envoyé au Congrès HLM est net : une feuille de route signée avant fin d’année est indispensable pour redonner de la visibilité aux entreprises et aux salariés du BTP. Le logement n’est pas une dépense sèche; c’est un investissement productif pour les territoires, l’emploi et les finances publiques.

Dans l’attente de la convention quinquennale d’Action Logement, chaque dirigeant a la main sur trois axes décisifs : capacité technique (qualifs, méthodes, bas carbone), capacité commerciale (réseaux, groupements, mémoire technique) et capacité financière (trésorerie, achats, révision de prix). En activant dès aujourd’hui ces leviers, vous entrez dans 2025 prêts à capter les marchés de construction et de rénovation qui repartent.

À minuit moins une, le temps n’est pas aux incantations mais à l’action coordonnée : État, partenaires sociaux, bailleurs et entreprises. Une convention claire, des chantiers mieux préparés et une filière mobilisée, c’est la garantie d’un rebond durable pour le bâtiment et l’artisanat.

Source · Batiactu

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