Emploi & Formation
Lyon: nouvelle formation BTP 2026-27 aux matériaux biosourcés
À Lyon, une formation 2026-27 pour pros du BTP mise sur réhabilitation, matériaux biosourcés et ressources locales, en liant recherche, atelier et chantier.
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- N° 29/09
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L’école d’architecture de Lyon lance pour 2026-2027 une formation dédiée aux matériaux biosourcés et aux savoir-faire artisanaux
À l’heure où la construction bas carbone s’impose comme un passage obligé, l’École d’architecture de Lyon prépare une nouvelle formation centrée sur les matériaux biosourcés, la réhabilitation et les ressources locales. Ce cursus, annoncé pour la rentrée 2026-2027, entend donner aux professionnels du BTP des outils concrets pour transformer leurs pratiques sur le terrain.
Objectif affiché : relier recherche, atelier et chantier. L’établissement veut faire dialoguer architectes, artisans et entreprises, afin d’accélérer l’adoption de solutions éprouvées, performantes et adaptées aux spécificités régionales. À la clé, des compétences opérationnelles pour répondre aux marchés de la rénovation et de la construction durable.
Un cursus ancré dans la réhabilitation et les ressources locales
La formation mettra l’accent sur la réhabilitation du bâti existant, enjeu central des prochaines années. Diagnostic matière, relevés, analyse des pathologies et stratégie d’intervention responsable constitueront le socle pédagogique. Les professionnels y apprendront à conjuguer contraintes patrimoniales, performances énergétiques et respect des structures en place.
Les ressources locales seront au cœur du dispositif. Bois régional, chanvre, paille, terre crue, pierre sèche ou encore ouate issue du recyclage feront l’objet d’études comparées et d’ateliers pratiques. L’école souhaite encourager les circuits courts en activant les filières d’Auvergne-Rhône-Alpes et en valorisant les savoir-faire artisanaux qui sécurisent la mise en œuvre.
Cette approche s’inscrit dans un cadre réglementaire précis (RE2020, économie circulaire, traçabilité des matériaux). Les participants seront formés à la lecture des FDES, à l’ACV bâtiment et aux labels tels que Bâtiment Biosourcé ou BBCA. L’idée est claire : donner des repères techniques et administratifs pour répondre sereinement aux appels d’offres exigeants.
Contenu pédagogique : de l’atelier au chantier
La pédagogie alternera cours, ateliers matériaux, prototypes à l’échelle 1 et immersions sur chantiers. Les modules viseront l’efficacité opérationnelle et la transposabilité immédiate en entreprise.
- Conception bas carbone et ACV : principes d’écoconception, calculs d’impacts, arbitrages technico-économiques, lecture critique des FDES et EPD.
- Matériaux biosourcés et techniques associées : béton de chanvre en neuf et en réhabilitation, isolation paille en caisson, ossature et charpente bois, terre crue (torchis, adobe, enduits), liège, fibres végétales.
- Réemploi et économie circulaire : diagnostic ressources, dépose soignée, logistique et traçabilité, compatibilité réglementaire, retours d’expérience chantier.
- Enveloppe performante : étanchéité à l’air, traitement des ponts thermiques, hygrothermie des parois anciennes, menuiseries, protections solaires bioclimatiques.
- Réglementation et assurance : DTU et CPT applicables, ATEx, avis techniques, responsabilités et garanties décennales, dossiers techniques pour MOA et assureurs.
- Patrimoine et réhabilitation : pathologies du bâti ancien, interactions matériaux anciens/solutions biosourcées, compatibilité sels/humidité, conservation réversible.
- Outils numériques : maquette numérique centrée matériaux, bibliothèques FDES, métrés et chiffrages intégrant l’ACV, suivi de la performance.
- Ateliers fablab et prototypes : préfabrication légère bois/paille, panneaux terre crue, caissons d’isolation, essais mécaniques et hygrothermiques.
Des chantiers-écoles et visites d’opérations livrées viendront ancrer les enseignements. Les participants documenteront des détails constructifs reproductibles, utiles à la diffusion des bonnes pratiques en entreprise et auprès des maîtrises d’ouvrage.
Équipements et partenariats de terrain
La formation s’appuiera sur des ateliers dédiés aux mélanges terre/chanvre, sur un espace de préfabrication bois et sur un laboratoire d’essais simplifiés. Des partenariats avec artisans, PME locales et organisations professionnelles permettront d’accueillir des stagiaires sur des chantiers pilotes et d’évaluer, in situ, la qualité d’exécution.
Pour qui, et comment intégrer la formation ?
Le cursus cible un large public professionnel : architectes et maîtres d’œuvre, économistes de la construction, conducteurs de travaux, chefs de chantier, artisans (maçons du patrimoine, charpentiers, plaquistes, entreprises d’isolation), bureaux d’études et responsables techniques de collectivités.
Le format envisagé est certifiant, modulaire et compatible avec l’activité. Un rythme type de trois jours consécutifs par mois, sur huit à dix mois, permettra de concilier chantiers et montée en compétences. La validation des acquis de l’expérience (VAE) et des passerelles seront possibles selon les profils.
Le démarrage est prévu à l’automne 2026. Les candidatures devraient ouvrir au printemps 2026, avec sélection sur dossier, lettre de motivation et entretien. Un portfolio ou une présentation de réalisations seront appréciés pour attester de l’appétence terrain et de la capacité à mener des expérimentations.
L’école indique viser des promotions courtes, de 25 à 30 participants, pour garantir un encadrement rapproché et la qualité des ateliers pratiques. Les financements via OPCO et dispositifs de formation continue seront mobilisables pour les entreprises et les indépendants.
Des bénéfices tangibles pour les entreprises du BTP
Au-delà de l’image, la maîtrise des matériaux biosourcés ouvre des perspectives commerciales immédiates. La demande progresse sur la réhabilitation énergétique des logements, la surélévation bois, l’isolation intérieure compatible patrimoine, ou encore les équipements publics exemplaires. Positionner une offre claire et sécurisée devient un avantage concurrentiel.
- Accès à de nouveaux marchés : appels d’offres intégrant notations carbone, objectifs biosourcés, labels environnementaux et exigences de traçabilité.
- Maîtrise des risques : choix de systèmes reconnus, dossiers techniques robustes, montée en compétence des équipes, dialogue facilité avec assureurs et contrôleurs.
- Compétitivité : optimisation matière via préfabrication légère, organisation de la chaîne d’approvisionnement locale, réduction des temps d’intervention.
- Qualité et confort : parois hygro-régulatrices, amélioration acoustique, réduction des émissions sur chantier, bien-être des compagnons et des occupants.
La formation apportera aussi des outils pour structurer une démarche interne : fiches méthodes, check-lists de mise en œuvre, retours d’expérience chiffrés et trames d’offres commerciales intégrant ACV et variantes techniques.
Bonnes pratiques à retenir
- Anticiper la logistique des matériaux biosourcés (volumes, stockage au sec, tolérances) dès l’étude de prix.
- Formaliser les détails clés (liaisons, pare-vapeur, points singuliers) pour garantir la performance réelle.
- Former les compagnons aux gestes spécifiques et à l’autocontrôle qualité sur site.
- Capitaliser chaque chantier dans une base interne de solutions et de non-conformités types.
Se préparer dès aujourd’hui : cap sur 2026
Sans attendre la rentrée, les entreprises peuvent amorcer la transition. La première étape consiste à cartographier les ressources locales disponibles et les partenaires de proximité : scieries, chanvrières, réseaux paille, briquetiers terre crue, plateformes de réemploi. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements et d’identifier des solutions standardisables.
Deuxième axe : bâtir un projet vitrine. Sélectionnez une opération à taille maîtrisée (rénovation d’un logement, extension bois, isolation intérieure d’un plateau tertiaire). Définissez un protocole de contrôle simple (hygrométrie, perméabilité, relevés thermographiques) et documentez l’ensemble du process pour convaincre vos futures maîtrises d’ouvrage.
Enfin, soignez l’ingénierie assurantielle et réglementaire. Vérifiez les documents de référence (DTU, CPT, ATEx), les PV feu, les FDES des matériaux et anticipez les points de vigilance avec le bureau de contrôle. Un dossier technique clair fluidifie le chantier et réduit les aléas.
Cette nouvelle formation offrira, en 2026, une rampe d’accélération structurée. Elle permettra d’aligner compétences, outillage et réseau, au service d’une construction réellement bas carbone et d’une réhabilitation respectueuse du bâti et des artisans qui le façonnent.
Conclusion : la transition biosourcée est une opportunité à saisir maintenant. En combinant montée en compétences, partenariats locaux et retours d’expérience, les entreprises du BTP pourront répondre aux exigences environnementales tout en créant de la valeur. Préparez votre équipe, identifiez vos chantiers pilotes, et positionnez-vous pour intégrer, dès 2026-2027, un cursus pensé pour accélérer la pratique sur le terrain.
Source · Batiactu



