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Développement Durable

Soprema lance à Beaune une ouate de cellulose à base de glassines

À Beaune, Soprema transforme des glassines en ouate de cellulose biosourcée: 25 000 t/an pour isoler combles, booster l’économie circulaire et servir RE2020

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Soprema lance à Beaune une ouate de cellulose à base de glassines

Soprema lance à Beaune une production d’ouate de cellulose issue de glassines

Bonne nouvelle pour la filière du bâtiment durable : Soprema a inauguré à Beaune (Côte-d’Or) un site de production dédié à un isolant biosourcé conçu à partir de glassines, ces papiers supports des étiquettes autocollantes, habituellement difficiles à recycler. Avec cette innovation industrielle, l’industriel alsacien renforce l’économie circulaire et propose une nouvelle solution d’isolation thermique pour les combles et parois légères.

L’usine vise un rythme de croisière de 25 000 tonnes par an. De quoi équiper chaque année plusieurs dizaines de milliers de maisons individuelles en ouate de cellulose, tout en sécurisant l’approvisionnement d’un marché en forte demande, porté par la RE2020 et les objectifs de rénovation énergétique.

Une usine stratégique à Beaune, au cœur d’un écosystème logistique

Implanté à proximité immédiate des axes A6/A31, le site bourguignon a été pensé pour capter et valoriser un flux régional et national de glassines issues de l’industrie de l’étiquette. L’emplacement facilite à la fois la collecte des matières et la distribution rapide vers les chantiers des régions Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France.

Le site comprend un atelier de défibrage haute performance, des lignes d’ensachage automatisées et un laboratoire qualité interne. L’ensemble permet de garantir une granulométrie régulière, une faible teneur en poussières et une constance de performance thermique d’un lot à l’autre, critères clés pour les professionnels du BTP.

Au-delà de la capacité annuelle visée de 25 000 tonnes, l’usine intègre des engagements environnementaux concrets : récupération de chaleur sur process, pilotage énergétique, et toitures partiellement équipées de photovoltaïque pour alimenter les auxiliaires. L’approche est alignée avec les attentes de la filière sur la réduction de l’empreinte carbone des matériaux d’isolation.

À terme, Soprema annonce vouloir structurer un maillage d’approvisionnement avec les metteurs en marché d’étiquettes et leurs logisticiens, afin d’augmenter la part de glassine détournée de l’incinération. L’objectif : sécuriser la ressource, stabiliser les prix et réduire les kilomètres parcourus par les matières comme par les produits finis.

Une ouate de cellulose issue de glassines recyclées

La glassine est un papier très lisse et dense, utilisé comme support des adhésifs. Sa pureté cellulosique et sa faible teneur en encres en font une base idéale pour produire une ouate de cellulose de haute qualité. Recyclée, défibrée et traitée, elle se transforme en un isolant biosourcé performant et stable dans le temps.

Le procédé industriel comprend plusieurs étapes : tri, nettoyage, défibrage contrôlé, dépoussiérage, puis ajout d’additifs pour assurer la durabilité (traitement contre le développement fongique) et la tenue au feu conformément aux normes en vigueur. Soprema indique privilégier des formulations sans bore, répondant aux exigences réglementaires actuelles, tout en préservant la performance et la sécurité lors de la mise en œuvre.

Côté performances, l’ouate vise un lambda déclaré dans la fourchette communément admise pour ce type de produit. Elle est destinée au soufflage en combles perdus et à l’insufflation en rampants, cloisons ou planchers légers. Le marquage CE est inscrit dans la feuille de route industrielle, de même que l’obtention des certifications de référence du marché. Un DPEF et des FDES/EPD sont en préparation afin de documenter précisément l’empreinte carbone et les indicateurs environnementaux à l’échelle du chantier.

La régularité de la fibre issue de glassine présente plusieurs atouts concrets pour les artisans : projection homogène, bonne tenue à la densité prescrite, comportement limité au tassement lorsqu’elle est correctement mise en œuvre, et une finition propre grâce à un niveau de poussière maîtrisé. Les conditionnements, en sacs compressés, facilitent le transport et l’optimisation des stocks.

Mise en œuvre, performances et conseils de chantier

Pour les combles perdus, l’application s’effectue par soufflage mécanique. La cardeuse-souffleuse décompacte la ouate et la projette pour obtenir une couche régulière. En rampants et en parois, l’insufflation s’opère dans des caissons fermés, assurant la densité nécessaire à la stabilité dans le temps et aux performances acoustiques.

Repères pratiques pour les pros

  • Applications cibles : combles perdus (soufflage), rampants, cloisons ossature bois/metal, planchers légers (insufflation).
  • Densités usuelles : 25 à 30 kg/m³ en soufflage ; 45 à 55 kg/m³ en insufflation (à affiner selon l’Avis Technique et les Règles professionnelles).
  • Épaisseurs/R visés en combles : R ≈ 7 avec 28-32 cm ; R ≈ 8 avec 32-36 cm, en cohérence avec les prescriptions énergétiques actuelles.
  • Pré-requis : continuité de l’étanchéité à l’air, traitement des points singuliers (trémies, boîtiers, conduits), ventilation de la toiture conforme, pare-vapeur/pare-air quand requis par la configuration.
  • Sécurité chantier : port de masque FFP2, lunettes et gants, balisage des zones de circulation en combles, protections pour luminaires encastrés et conduits chauds.

La réussite d’un chantier d’isolation en ouate de cellulose repose sur la préparation. Avant intervention, il convient de vérifier l’état de la couverture, l’absence d’infiltration, la propreté du plancher de combles et la compatibilité des éléments électriques. La mise en place de piges d’épaisseur et de repères visuels limite les surprises et garantit la performance thermique.

Les équipes commerciales annoncent un dispositif d’accompagnement dédié aux applicateurs : formation à la machine (réglages de débit air/matière, taux de décompactage), bonnes pratiques de soufflage/insufflation, attestation de densité et conseils de réception de fin de chantier. L’objectif est de standardiser la qualité d’exécution et de faciliter l’accès aux aides financières.

Coûts et aides à mobiliser

  • Prix posé en combles perdus : ordre de grandeur généralement constaté entre 20 et 35 €/m² pour R 7 à R 8, selon surface, accès et région.
  • Aides à la rénovation : CEE, MaPrimeRénov’, TVA à 5,5 % en rénovation, cumulables sous conditions d’éligibilité et de qualification de l’entreprise (RGE notamment).
  • Documentations attendues : FDES/EPD pour RE2020, fiches produits avec résistances thermiques, notices de mise en œuvre, et références de chantiers types.

Pour optimiser la performance réelle, la combinaison « ouate de cellulose + traitement de l’étanchéité à l’air + correction des fuites parasites » reste la stratégie la plus efficace. En maison individuelle, un comble perdu correctement soufflé peut générer des économies d’énergie sensibles dès la première saison de chauffe.

Impact filière et perspectives pour les chantiers

La transformation de glassines en isolant biosourcé illustre une économie circulaire à grande échelle. Plutôt que d’être incinérées, ces matières rejoignent la boucle du bâtiment, réduisant les émissions associées à la gestion des déchets tout en remplaçant des isolants à contenu carbone plus élevé. Avec 25 000 tonnes/an, le gisement pourrait couvrir l’isolation de 30 000 à 35 000 combles standards chaque année, suivant la surface et les résistances thermiques visées.

Pour la filière, l’arrivée d’un nouveau site de production en France métropolitaine contribue à sécuriser les délais et la stabilité d’approvisionnement, un point crucial pour les entreprises d’isolation et les maîtres d’œuvre. Les délais annoncés, avec une logistique optimisée autour de Beaune, visent des livraisons rapides sur un rayon de 300 à 400 km. Les distributeurs spécialistes et négoces matériaux sont mobilisés pour relayer l’offre et le conseil technique.

Côté innovation, l’industriel travaille à élargir les usages : solutions packagées pour caissons de rampants, systèmes acoustiques pour planchers intermédiaires, et compatibilités renforcées avec membranes et accessoires d’étanchéité. Des outils digitaux d’aide au dimensionnement et à la quantification sont également annoncés pour simplifier le chiffrage et la préparation de chantier.

La dynamique s’inscrit pleinement dans les enjeux RE2020 et du plan de rénovation : isolants biosourcés, baisse des consommations, confort d’été renforcé grâce à l’inertie spécifique de la cellulose, et traçabilité environnementale. Pour les artisans, c’est l’opportunité de proposer des solutions performantes, différenciantes et éligibles aux principales aides publiques.

Conclusion : un levier concret pour des chantiers sobres et performants

Avec son usine de Beaune, Soprema apporte une réponse industrielle à la hauteur des ambitions du secteur : valoriser une ressource jusqu’ici peu exploitée, produire localement un isolant biosourcé et fiable, et fluidifier l’approvisionnement des chantiers d’isolation thermique des combles. Pour les entreprises du BTP, l’intérêt est double : sécuriser les plannings et offrir à leurs clients un produit performant, compétitif et à faible empreinte carbone.

Conseil aux pros : anticipez les besoins de formation au soufflage/insufflation, mettez à jour vos mémoires techniques avec les nouvelles fiches produits et intégrez dès la phase de devis le traitement de l’étanchéité à l’air. C’est la garantie d’atteindre les résistances thermiques promises, de gagner en confort d’été, et de maximiser les aides pour vos clients. Les isolants biosourcés issus du recyclage, comme cette ouate de cellulose à base de glassine, prennent désormais toute leur place sur les chantiers français.

Source : Batiactu

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