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Développement Durable

Neuilly : Arches du Carreau, 4 300 m² de terrasses bas carbone

Restructuration d’un tertiaire de 36 400 m² à Neuilly : 4 300 m² de terrasses, bois, matériaux bas carbone et plateaux modulaires pour des usages hybrides.

Publié
N° 02/10
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Développement Durable
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Batiactu
Neuilly : Arches du Carreau, 4 300 m² de terrasses bas carbone

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À Neuilly, les “Arches du Carreau” se réinventent : 4 300 m² de terrasses pour un tertiaire bas carbone

À Neuilly-sur-Seine, un ensemble tertiaire de 36 400 m² change d’époque. Le programme, baptisé “Arches du Carreau”, engage une restructuration lourde qui conjugue performance environnementale, confort d’usage et flexibilité des espaces. L’opération se distingue par l’ampleur accordée aux extérieurs avec 4 300 m² de terrasses et jardins suspendus, véritables prolongements des plateaux de bureaux.

Au-delà de l’effet vitrine, le projet cherche à rendre le bâti plus intelligent, plus modulaire et plus économe. Structure bois, matériaux bas carbone, économie circulaire, sobriété énergétique et services aux usagers composent une feuille de route qui intéressera directement artisans, entreprises générales et sous-traitants du BTP.

Un chantier de transformation au service de l’adaptabilité

Plateaux modulaires et usages hybrides

Le complexe repensé s’articule autour d’espaces de travail évolutifs et d’usages mixtes. Bureaux, lieux de réunion ouverts, restauration, espaces bien-être, zones de coworking et loggias alternent pour répondre aux nouveaux modes de travail. Les plateaux sont conçus pour être divisibles, avec des trames rationnelles et des circulations optimisées, facilitant les réaménagements sans lourds travaux.

Cette adaptabilité s’étend à l’enveloppe. La façade est traitée pour maximiser la lumière naturelle, intégrer des protections solaires efficaces et réduire les déperditions. L’objectif: améliorer le confort thermique et visuel tout en maîtrisant les charges d’exploitation, un enjeu central du tertiaire contemporain.

Économie circulaire et BIM au cœur de l’opération

La stratégie de réemploi s’applique à la structure, mais aussi aux second-œuvres. Faux planchers, cloisons, menuiseries intérieures et certains luminaires font l’objet d’un inventaire et d’une réutilisation ou d’une filière de réemploi. Le chantier s’appuie sur une maquette BIM pour coordonner corps d’état techniques, phaser les interventions et limiter les aléas, avec une logistique fine sur site contraint.

Artisans et PME y trouveront des processus de travail plus lisibles: plans d’exécution issus du BIM, protocoles de contrôle qualité partagés et suivi des quantités en temps réel. Le bénéfice est double: réduction des erreurs et meilleure productivité.

4 300 m² de terrasses: confort d’usage et défis techniques

De véritables espaces de travail à ciel ouvert

Les terrasses se déclinent en toitures-terrasses végétalisées, patios, loggias abritées et belvédères. Elles offrent des zones informelles pour réunions, détente ou événements d’entreprise. Leur aménagement privilégie des matériaux durables: platelages en bois certifié, dalles sur plots, pergolas et bacs plantés.

Le végétal joue un rôle clé. Des essences résistantes à la sécheresse, substrats allégés et arrosage goutte-à-goutte alimenté par la récupération d’eaux pluviales limitent l’empreinte hydrique. Les plantations apportent ombrage, confort acoustique et îlots de fraîcheur en été, améliorant sensiblement la qualité d’usage.

Structure, étanchéité, sécurité: points de vigilance

Concevoir 4 300 m² d’extérieurs en hauteur suppose de traiter plusieurs sujets techniques. La surcharge d’exploitation des toitures est recalculée, avec renforts ponctuels des porteurs existants et appuis dédiés pour jardinières et garde-corps. L’étanchéité privilégie des systèmes bicouches ou résines PMMA sur zones sensibles, complétés par des relevés soignés et une protection lourde dans les zones à fort trafic.

Le confort et la sécurité ne sont pas oubliés: garde-corps à 1,10 m, cheminements PMR de 1,20 m minimum, éclairage sécurisé, dispositifs coupe-vent et protections solaires. Des brise-vent transparents ou des claustras permettent d’atténuer les rafales, fréquentes en toiture, sans fermer les espaces.

  • Pour les étancheurs: soigner les points singuliers (évacuations, émergences CVC, pieds de garde-corps) et prévoir des contrôles d’adhérence par zones.
  • Pour les paysagistes: privilégier des contenants techniques avec drainage intégré, géotextiles anti-racines et substrats légers.
  • Pour les métalliers: anticiper les interfaces garde-corps/étanchéité, avec platines relevées et rupteurs pour limiter les ponts thermiques.
  • Pour les électriciens: intégrer prises extérieures IP65, balisage et gestion DALI/KNX reliée à la GTB.

Le bois, allié majeur d’une structure bas carbone

Hybridation bois-béton et préfabrication

La restructuration met à l’honneur le bois structurel, déployé sur les extensions et surélévations. Poteaux-poutres en lamellé-collé et planchers en CLT, associés à des noyaux en béton bas carbone, allègent l’ouvrage tout en réduisant son empreinte carbone. Cette hybridation facilite la reprise de charges sur l’existant et limite les nuisances, grâce à la préfabrication et à des temps de montage raccourcis.

Côté feu, des solutions R60 à R90 sont mises en œuvre, avec protections adaptées ou dimensionnement en section sacrificial. L’acoustique est traitée par couches résilientes et chapes sèches, tandis que la gestion de l’humidité impose des séquences précises: mise hors d’eau rapide, stockage ventilé, membranes pare-vapeur continues.

Façades performantes et second œuvre responsable

Les façades intègrent des ossatures bois et menuiseries à hautes performances. Brise-soleil fixes ou orientables limitent les surchauffes et améliorent le confort estival. À l’intérieur, le choix de matériaux biosourcés et faibles en COV contribue à un air intérieur sain. Les filières de certification PEFC/FSC sont privilégiées pour la traçabilité du bois.

Pour les charpentiers et menuisiers, le projet illustre la montée en puissance des techniques mixtes, des assemblages métalliques spécifiques et des tolérances serrées entre bois et béton. La préparation en atelier, le contrôle hygrométrique et la logistique juste-à-temps deviennent des standards de performance.

Performance d’exploitation et services aux usagers

Sobriété énergétique et GTB

L’ensemble vise des niveaux élevés de performance environnementale et énergétique. Systèmes CVC à hauts rendements, ventilation double flux avec récupération, free-cooling quand la façade le permet, et pilotage fin via GTB réduisent la consommation. La production d’électricité photovoltaïque en toiture et sur pergolas vient compléter la stratégie de sobriété.

La lumière naturelle est optimisée et l’éclairage LED piloté par détection de présence et capteurs de luminosité. Le tout s’inscrit dans une trajectoire compatible avec le Décret Tertiaire, pour abaisser progressivement les consommations et les émissions sur la durée d’exploitation.

Mobilités douces et qualité d’usage

Le rez-de-chaussée accueille des services utiles: restauration, espaces lounge, conciergerie, ateliers vélos. Un local cycles généreux, avec recharge pour vélos à assistance électrique, douches et vestiaires, encourage les mobilités actives. La connexion aux transports, la porosité urbaine et les parcours piétons facilitent les allées et venues au quotidien.

Les terrasses, combinées à des espaces intérieurs modulables, offrent des scénarios de travail variés et contribuent à l’attractivité des lieux. Les entreprises locataires y gagnent en flexibilité, en bien-être des équipes et en image RSE.

Ce que les artisans et entreprises du BTP peuvent en retenir

  • Marchés à saisir: charpente bois, étanchéité de terrasses, façades performantes, CVC sobres, GTB, aménagements paysagers et menuiseries intérieures bas carbone.
  • Compétences clés: maîtrise de l’hybridation bois-béton, gestion de l’humidité en phase chantier, interfaces étanchéité/métallerie, pilotage par maquette BIM.
  • Organisation: préfabrication et logistique en flux tendus pour sites contraints; phasage pensé pour limiter nuisances et coactivité.
  • Matériaux et labels: recours aux solutions bas carbone (bétons à liants réduits, isolants biosourcés), traçabilité bois PEFC/FSC, faible émission de COV.
  • Exploitation: anticiper maintenance des terrasses (accès, évacuations, substrats), contrôles périodiques des systèmes d’arrosage et de la GTB.

Conclusion: la terrasse et le bois comme leviers de valeur

La métamorphose des “Arches du Carreau” illustre une tendance de fond: le tertiaire francilien se réinvente par la restructuration, la végétalisation en hauteur et l’usage accru du bois. Les 4 300 m² d’espaces extérieurs ne sont pas qu’un atout esthétique; ils deviennent un outil de confort, de performance et d’attractivité. L’ensemble de 36 400 m² montre qu’il est possible d’allier adaptabilité, sobriété et qualité d’usage, sans repartir d’une page blanche.

Pour les professionnels du bâtiment, l’opportunité est claire. Les chantiers de rénovation lourde vont se multiplier sous l’effet des exigences réglementaires et des attentes des usagers. Investir dans les compétences bois, les solutions d’étanchéité complexes, le BIM et la maintenance des terrasses végétalisées constitue un choix stratégique. À Neuilly comme ailleurs, l’avenir du tertiaire se joue autant sur la performance mesurée que sur l’expérience vécue.

Source · Batiactu

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