Développement Durable
Lyon Confluence: 253 logements, mixité et îlot végétal RE2020
À Lyon Confluence, 6 bâtiments et 253 logements forment un cœur d’îlot végétalisé. Cap RE2020: matériaux carbone, confort d’été, eau et sobriété énergétique.
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- N° 11/09
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Un nouveau cœur d’îlot à Lyon Confluence
À Lyon Confluence, un ensemble de six bâtiments révèle progressivement un nouveau morceau de ville. Au programme : 253 logements portés par une forte mixité d’usages et rassemblés autour d’un îlot de fraîcheur végétalisé, traversé par une passerelle publique. L’ambition est claire : offrir du confort d’été, une qualité de vie durable et des espaces partagés, tout en respectant les exigences d’un chantier urbain dense.
Conçu pour résister aux épisodes de chaleur qui s’intensifient dans la vallée du Rhône, le projet met la végétalisation, la gestion de l’eau et la sobriété énergétique au cœur du dispositif. Pour les artisans et entreprises du BTP, c’est un terrain d’expression concret des attentes RE2020 : matériaux bas carbone, confort d’été, logistique optimisée et maintenance facilitée.
Six bâtiments, 253 logements et une mixité assumée
Répartis sur des gabarits variant de R+5 à R+8, les six volumes dessinent une frange urbaine à l’échelle du piéton. Les rez-de-chaussée accueillent des commerces de proximité (restauration légère, services, atelier de réparation vélo) et des locaux d’activités artisanales modulables. Les étages supérieurs rassemblent des typologies variées pour loger une population hétérogène.
La programmation résidentielle se structure autour d’une mixité fine : environ 35 % de logements sociaux, 25 % en accession maîtrisée, 30 % en libre et 10 % dédiés à des formes d’habitat spécifique (coliving d’actifs, résidences intergénérationnelles). Cette diversité d’occupants est soutenue par des espaces communs : salles polyvalentes mutualisées, conciergerie de quartier, atelier de bricolage partagé et chambre d’amis réservables.
Le cœur d’îlot, d’environ 1 500 m², est traversé par une passerelle qui relie deux venelles et crée une perméabilité urbaine. Les circulations piétonnes sont privilégiées ; les accès véhicules sont cantonnés au sous-sol commun. La mobilité douce est facilitée par 300 emplacements vélos sécurisés, un local long-cargo, un point de gonflage et des bornes de recharge pour VAE.
À l’échelle du quartier, le site bénéficie de la desserte du tram T1 et de la proximité de Perrache. Une offre d’autopartage est intégrée en pied d’immeuble, limitant la motorisation individuelle. Les stationnements sont mutualisés (environ 120 places), avec un taux d’équipement en IRVE dimensionné pour évoluer vers 100 % à terme.
Îlot de fraîcheur et conception bioclimatique
Le dispositif paysager constitue la colonne vertébrale du projet. Pensé comme un îlot de fraîcheur, le jardin central associe strates végétales et dispositifs hydrauliques passifs qui abaissent la température perçue en période estivale. Les cheminements ombragés et bancs brumisants rendent l’espace confortable même lors des pics de chaleur.
Plusieurs leviers sont mobilisés pour le confort d’été et la résilience climatique :
- Végétalisation intensive : plantations d’arbres caducs à grand développement (érables, micocouliers), sous-étage arbustif et 70 % de sols perméables.
- Gestion des eaux pluviales à la parcelle : noues, tranchées drainantes et bassins de rétention permettent l’infiltration et l’arrosage gravitaire.
- Toitures froides et jardins : toitures végétalisées extensives, quelques terrasses intensives accessibles et dalles claires à fort albédo.
- Ombrières et pergolas : structures bois accueillant des grimpantes (glycine, vigne vierge) pour un ombrage naturel.
- Brise-soleil orientables et stores extérieurs pour limiter les apports solaires sans obstruer la ventilation.
Sur le plan architectural, l’implantation favorise la ventilation naturelle : orientations traversantes, coursives ouvertes ponctuelles, patios et séquencement des gabarits pour capter les brises depuis la Saône. Les façades reçoivent un traitement différencié selon l’exposition : isolation par l’extérieur performante au sud-ouest, menuiseries à facteur solaire maîtrisé et protections fixes au dernier niveau.
La structure associe béton bas carbone pour le socle et charpente bois sur plusieurs niveaux, afin de limiter l’empreinte carbone tout en assurant l’inertie nécessaire au confort d’été. Les matériaux biosourcés (fibre de bois, linoléum naturel, peintures à faible COV) sont privilégiés en finition. Un système de ventilation double flux avec by-pass d’été équipe les bâtiments les plus exposés, couplé à une supervision GTB pour l’optimisation saisonnière.
Côté énergie, la conception vise des performances supérieures à la RE2020 de référence : enveloppe soignée (Bbio optimisé), production photovoltaïque en autoconsommation partielle pour les communs, et raccordement à une boucle d’eau tempérée du quartier pour l’appoint chaud/froid. Une stratégie de comptage par usage et de sensibilisation des résidents complète le dispositif.
Chantier, matériaux et marchés : ce qu’il faut savoir
Implanté sur un sol alluvial en proximité de nappe, le site a nécessité un radier étanche et des fondations sur pieux forés, limitant les vibrations proposées aux avoisinants. L’organisation du chantier s’appuie sur une base-vie mutualisée et un plan de circulation précis dans un périmètre contraint.
Logistique et phasage
- Phasage en trois tranches pour libérer rapidement les voies de desserte riveraines et synchroniser les corps d’état secondaires.
- Horaires de livraison par créneaux, grutage mutualisé et zones tampons pour éviter les files sur voirie.
- Charte chantier à faibles nuisances : suivi bruit/poussières, brumisation, lavages de roues et écran acoustique temporaire côté voisinage.
- Préfabrication de panneaux de façade et de gaines techniques pour accélérer le clos-couvert et réduire les déchets.
Matériaux et performances
- Béton à faible clinker en infrastructure et planchers, avec traçabilité des EPD pour le calcul carbone.
- Façades manteaux isolées par l’extérieur, parements minéraux durables et vêtures bois sur volumes hauts.
- Menuiseries aluminium/bois à Uw optimisé, étanchéité à l’air soignée et rupteurs de ponts thermiques continus.
- Étanchéité bicouche sous végétalisation, protections anti-racines et gestion des pentes vers points bas.
Appels d’offres et opportunités pour les artisans
Pour les PME du BTP et les artisans, les lots secondaires offrent de réelles perspectives : menuiseries intérieures, cloisons sèches, carrelage, parquets, serrurerie-métallerie, signalétique, peinture à faible COV, paysage (plantations, mobilier, arrosage), CVC-plomberie, électricité CFO/CFA et IRVE. La maîtrise d’ouvrages exige : DOE numérique, fiches produits, plans de maintenance et preuves de performance (tests d’infiltrométrie, PV d’essais).
- BIM de synthèse : coordination 3D pour réservations, trémies et parcours techniques, export IFC attendu.
- Réemploi et tri : bennes multi-flux, traçabilité des déchets, réemploi ponctuel de sols techniques et portes.
- Sécurité : EPI, lignes de vie en toiture végétalisée, coactivité encadrée par un plan particulier de sécurité et de protection de la santé.
- Planning : finition des premiers logements à 24 mois du lancement gros œuvre, avec livraisons échelonnées par cage.
À noter : la proximité d’axes ferroviaires impose une exigence acoustique renforcée (façades à isolation accrue, traitements en tableaux et joints périphériques). Les artisans devront soigner les interfaces pour garantir les performances de chantier à la réception.
Au-delà de la prouesse technique, ce projet illustre une voie concrète pour refroidir la ville sans climatisation généralisée. L’association d’une conception bioclimatique, d’un socle paysager généreux et d’une logistique de chantier maîtrisée fait émerger un quartier apaisé, attractif pour les habitants comme pour les commerces.
Conseil aux entreprises : anticipez la preuve d’usage sur le confort d’été (mesures hygrothermiques, réglages de protection solaire, notices claires pour les résidents) et travaillez tôt les interfaces en BIM. Sur ce type d’opérations RE2020, la différence se fait sur la qualité d’exécution et la pérennité des détails : joints, relevés d’étanchéité, continuité de l’isolant et réglage des débits de ventilation. Autant de points qui, bien traités, consolident la satisfaction client et le bilan carbone réel du bâtiment.
Source · Batiactu



