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Urbanisme: Clémence Carré reconduite, cap BTP et transition
Le CFU reconduit Clémence Carré et un bureau orienté transition: règles clarifiées, dialogue MOA renforcé, opérations sécurisées et délais de chantier réduits
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- N° 08/09
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Le Conseil français des urbanistes reconduit Clémence Carré et installe un bureau tourné vers la transition des territoires
À la suite de son assemblée générale, le Conseil français des urbanistes a dévoilé une nouvelle équipe dirigeante. Clémence Carré est reconduite à la présidence, signe d’une continuité assumée au moment où les territoires accélèrent leur transformation. Entre sobriété foncière, adaptation climatique et nouvelles attentes des collectivités, la profession d’urbaniste se repositionne au cœur des projets.
Pour les artisans et les entreprises du BTP, cette gouvernance clarifiée est une boussole. Elle annonce des méthodes plus lisibles, un dialogue renforcé avec les maîtres d’ouvrage publics, et des règles d’urbanisme mieux articulées avec les contraintes de chantier. Objectif: sécuriser les opérations, réduire les délais et faire de la planification un levier de marché.
Un bureau renouvelé, opérationnel et ancré dans les territoires
Le nouveau bureau du Conseil français des urbanistes (mandat 2024-2026) associe profils expérimentés et compétences de terrain. Il affiche une priorité: faire de l’urbanisme un outil utile et concret pour les projets, de l’esquisse au permis de construire.
- Présidente: Clémence Carré, urbaniste-conseil, spécialiste des documents d’urbanisme et de la concertation.
- Vice-président “urbanisme réglementaire”: Pierre Lemaire, expert PLU(i), SCoT et procédures d’autorisation.
- Vice-présidente “aménagement durable”: Nadia Benyahia, cheffe de projet ZAN et renaturation urbaine.
- Secrétaire générale: Julie Martin, en charge des relations avec les collectivités et les services instructeurs.
- Trésorier: Antoine Roche, spécialiste des montages opérationnels et des partenariats publics-privés.
- Administrateurs régionaux: Camille Dubois (Grand Ouest), Rachid Kaddour (Île-de-France), Hélène Lévêque (Auvergne-Rhône-Alpes), Thomas Beaulieu (Grand Est).
Une méthode de travail axée sur le résultat
L’équipe annonce un fonctionnement en “missions express” pour répondre aux urgences des territoires: révisions de PLU(i), reconversion de friches, apaisement des mobilités, intégration des exigences environnementales dans les cahiers des charges. Des groupes de travail thématiques sont ouverts aux partenaires du BTP.
- Dialogue filière: rencontres régulières avec les fédérations du bâtiment, aménageurs et bailleurs.
- Appui aux collectivités: guides pratiques et retours d’expérience pour des PLU plus lisibles et applicables.
- Accélération des projets: outils pour anticiper les risques de sursis à statuer, sécuriser la faisabilité et réduire les allers-retours d’instruction.
Reconnaissance du métier et formation continue: cap sur la qualité des projets
La reconnaissance de la profession d’urbaniste demeure un axe central. Le Conseil veut consolider les passerelles avec l’OPQU et les écoles d’urbanisme afin de mieux valoriser les compétences, la déontologie et l’expérience de terrain.
Des compétences adaptées aux exigences actuelles
Le bureau met l’accent sur trois priorités: sobriété foncière, qualité urbaine et faisabilité opérationnelle. Cela passe par des formations courtes et applicables pour que les équipes projet parlent le même langage que les entreprises: gestion des eaux pluviales à la parcelle, ACV bâtiment et quartier, coefficient de biotope, trames vertes et bleues, maîtrise des nuisances en site occupé.
- Formations continues ciblées: ZAN et densification douce, clauses environnementales dans les marchés, intégration RE2020 et matériaux biosourcés en contexte urbain dense.
- Outils communs de lecture des PLU(i): gabarits de fiches “règles clés du site”, check-lists pour permis de construire, modèles de plans d’insertion 3D.
- Professionnalisation de la concertation: méthodes pour sécuriser l’acceptabilité locale et limiter les recours.
Le Conseil vise aussi à faciliter l’entrée dans la profession, avec des parcours de VAE et un “carnet de compétences” commun. But affiché: rendre visibles les savoir-faire qui fluidifient les projets, du foncier à l’exécution.
Ce que cela change pour les pros du BTP et de l’artisanat
Le renforcement du Conseil français des urbanistes va influencer la manière dont les collectivités conçoivent et instruisent les projets. Pour les chantiers, des évolutions concrètes se dessinent.
Densification et réhabilitation: des marchés en hausse
- Surélévations et réemploi du bâti: davantage de dossiers sur l’existant, avec contraintes structurelles, acoustiques et incendie accrues. Anticiper diagnostics et renforts.
- Division parcellaire et “bimby”: petites opérations, délais courts, logistique fine. Les artisans réactifs seront avantagés.
- Qualité d’usage: espaces extérieurs, îlots de fraîcheur, ombrières, matériaux bas carbone. Intégrer ces postes dès l’estimation.
Friches et reconversions: opportunités sous conditions
- Diagnostic PEMD renforcé: valorisation et traçabilité des matériaux exigées par les maîtres d’ouvrage publics.
- Pollutions et eaux pluviales: études préalables et bassins d’orage à prévoir. Les entreprises maîtrisant ces sujets gagneront des points.
- Phasage et sécurité: chantiers en milieu urbain dense, coactivité forte. Soigner les plans de circulation et les protections riverains.
Procédures: anticiper pour éviter les blocages
- PLU/PLUi en révision: risque de sursis à statuer si le projet contrevient aux orientations à venir. Demander une faisabilité réglementaire en amont.
- Numérisation des autorisations: généralisation de la saisine électronique et des guichets numériques. Qualité des pièces graphiques et insertion 3D déterminante.
- ABF et sites protégés: échanger tôt, proposer variantes de matériaux et teintes pour éviter les refus tardifs.
En pratique, une meilleure coordination urbanistes–instructeurs devrait réduire les allers-retours. Les entreprises qui proposent un dossier propre, complet et cohérent avec le PLU(i) verront leurs délais raccourcis.
Outils, calendrier et points de vigilance pour réussir vos opérations
La trajectoire ZAN et les plans climats territoriaux se déclinent progressivement dans les SCoT et PLU(i). Les règles évoluent, mais des repères stables émergent. Voici les points clés à intégrer dans vos offres et plannings.
Règles d’urbanisme: les incontournables à vérifier
- Implantation et gabarits: reculs, hauteurs, emprise au sol, prospects, stationnement et accès secours.
- Nature en ville: coefficient de biotope, pleine terre, essences locales, toitures végétalisées. Prévoir entretien et arrosage raisonné.
- Eaux pluviales: infiltration à la parcelle, noues, toitures stockantes. Joindre notes de calcul et plans d’exécution type.
- Paysage et insertion: photomontages réalistes, coupes contextuelles, teintes et matériaux argumentés.
Dossier d’autorisation: check-list express
- Permis/DP: pièces PCMI complètes, attestation RE2020 si besoin, étude thermique simplifiée pour rassurer l’instruction.
- Déchets et réemploi: diagnostic PEMD, filières locales identifiées, clauses de réemploi dans le mémoire technique.
- Mobilités: stationnement vélos, bornes IRVE, cheminements PMR. Gains d’acceptabilité immédiats.
Financements et partenariats: capter les bons leviers
- Fonds friches et recyclage foncier: cibler les dossiers mixtes logement/activité avec plan de dépollution chiffré.
- Programmes “Action Cœur de Ville” et “Petites Villes de Demain”: positionner des offres packagées réhabilitation + performance énergétique.
- Achats publics responsables: se préparer à des critères carbone et réemploi pondérés. Présenter des références et traçabilité.
Le Conseil français des urbanistes publiera des guides et retours d’expérience pour faciliter la lecture des règles locales. Pour les entreprises, c’est l’occasion d’aligner leurs méthodes et d’industrialiser des réponses techniques déjà validées ailleurs.
Conclusion: transformer la planification en opportunités de chantier
La reconduction de Clémence Carré et l’installation d’un bureau resserré marquent une volonté: rendre l’urbanisme plus opérationnel et lisible pour l’ensemble de la filière. Dans un contexte ZAN et de transition écologique, la qualité des dossiers, l’anticipation réglementaire et la concertation deviennent des atouts concurrentiels.
Artisans et entrepreneurs du BTP ont tout intérêt à se rapprocher des urbanistes en amont, à structurer leurs offres autour de la densification, de la réhabilitation et du réemploi, et à maîtriser les nouveaux marqueurs des PLU(i). C’est ainsi que la planification cessera d’être une contrainte pour devenir un accélérateur de chantiers bien pensés, mieux acceptés et durables.
Source · Batiactu



