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Saint-Denis : ANRU 2 bouclé, ANRU 3 décentralisé pour le BTP
À Saint-Denis, l'Etat sécurise l'achèvement d'ANRU 2 et prépare un ANRU 3 décentralisé : calendrier stabilisé, paiements, nouveaux chantiers BTP inclusifs.
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- N° 18/09
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Saint-Denis : l’État promet de clore l’ANRU 2 et prépare un ANRU 3 décentralisé
À l’occasion de la journée nationale de l’ANRU à Saint-Denis, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a remis les pendules à l’heure. Message central : sans budget, pas d’ANRU 3. L’État mettra donc la main à la poche pour finaliser le deuxième programme de rénovation urbaine, tout en ouvrant la voie à une troisième séquence fondée sur la relance et la décentralisation du logement.
Pour les artisans et entreprises du BTP, le signal est clair. Les opérations engagées dans les quartiers prioritaires ne seront pas laissées en jachère. Et une nouvelle vague de chantiers se prépare, plus lisible, plus territorialisée et avec des exigences environnementales et d’insertion renforcées.
Un engagement budgétaire pour achever l’ANRU 2 sans “stop-and-go”
Le ministre l’a confirmé en clôture de l’événement : l’État honorera ses engagements pour boucler l’ANRU 2. L’objectif est d’éviter tout trou d’air qui fragiliserait les maîtres d’ouvrage et les entreprises. Les lignes de financement complémentaires seront mobilisées pour solder les opérations encore en cours, sécuriser les paiements et permettre les derniers lots de travaux.
Concrètement, cela signifie pour les bailleurs sociaux, collectivités et aménageurs un calendrier stabilisé. Les démolitions-reconstructions programmées, la réhabilitation énergétique du parc, la résidentialisation et les aménagements d’espaces publics doivent aller à leur terme. Les retards administratifs seront traités en priorité, avec un appui renforcé aux projets matures.
Ce que cela finance côté chantiers
- Réhabilitations lourdes du parc social (isolation, menuiseries, chauffage, ventilation, désamiantage).
- Démolitions sélectives et reconstructions neuves bas carbone en cœur de quartier.
- Requalification d’espaces publics, VRD, éclairage, mobilités douces et gestion des eaux pluviales.
- Rénovation d’équipements de proximité (écoles, crèches, centres sociaux, locaux associatifs).
Pour les TPE-PME du BTP, ces engagements se traduisent par des carnets de commandes plus lisibles d’ici la clôture opérationnelle du programme. Le mot d’ordre : sécuriser la fin de l’ANRU 2 et éviter les “à-coups” qui renchérissent les coûts et désorganisent les équipes.
ANRU 3 : cap sur l’habitat et la transition, pas un programme “sécuritaire”
Le projet de loi “relance et décentralisation du logement” doit lancer l’ANRU 3. Le ministre a tenu à dissiper un malentendu : il ne s’agira pas d’un “ANRU 3 sécuritaire”. Le nouveau cycle vise d’abord la qualité d’habitat, la mixité fonctionnelle et la transition écologique, avec une place accrue laissée aux intercommunalités et aux maires pour piloter les opérations.
Axes annoncés pour le nouveau cycle
- Accélérer la rénovation énergétique et la réduction des charges, avec un objectif de performance mesurable à la clé.
- Traiter les copropriétés dégradées via des outils plus souples et des interventions par îlot.
- Renouveler les cœurs de quartier en combinant logement, commerces, services publics et mobilités.
- Monter en gamme environnementale: biosourcés, réemploi, béton bas carbone, gestion circulaire des déchets de chantier.
La philosophie affichée : simplifier les procédures, rapprocher la décision du terrain et mieux articuler les financements. L’ANRU 3 reposera sur des conventions plus ciblées, des calendriers pluriannuels réalistes et une fongibilité accrue des enveloppes entre réhabilitation, construction et aménagement.
Pour éviter l’inflation normative, le projet prévoit d’alléger les circuits d’autorisation et de renforcer la régulation locale des chantiers. Les collectivités seront incitées à allotir les marchés, afin d’ouvrir plus largement l’accès aux TPE et artisans.
Des marchés concrets pour les artisans et PME du BTP
La relance de la rénovation urbaine se traduit par une diversité de lots, de la maintenance à la réhabilitation lourde. Les entreprises capables d’intervenir vite, proprement et en site occupé auront un avantage compétitif.
Segments à forte demande
- Enveloppe du bâtiment: isolation thermique par l’extérieur, étanchéité, menuiseries, façades.
- Génie climatique: décarbonation des chaufferies, réseaux de chaleur, ventilation double flux, pilotage des consommations.
- Second œuvre en site occupé: sols, peintures, plafonds, lots plomberie-électricité avec délais serrés.
- Désamiantage, plomb, curage sélectif et tri à la source, indispensables avant réhabilitation.
- VRD et espaces publics: reprise de réseaux, noues, éclairage LED, pistes cyclables, mobiliers urbains.
- Construction neuve bas carbone: préfabrication 2D/3D, bois, mixtes bois-béton, réemploi d’éléments.
Ce qui va compter dans les offres
- Capacité à travailler en site occupé, modalités d’information des habitants, gestion des nuisances.
- Plan d’insertion solide: partenariats avec structures locales, heures d’insertion traçables.
- Empreinte carbone et économie circulaire: FDES/PEP, plan de réemploi, traçabilité des déchets et objectifs de valorisation.
- Maîtrise des prix et clauses de révision: transparence des indices, scénarios d’approvisionnement.
- Organisation de chantier: phasage fin, continuité de service, sécurité, coordination multi-lots.
Les maîtres d’ouvrage publics annoncent une montée en puissance des critères environnementaux et sociaux. Les dirigeants de PME ont intérêt à formaliser leur démarche RSE, à documenter leurs références en QPV et à consolider leur capacité d’intervention en co-traitance.
Procédures, calendrier et clés pour se positionner
Le calendrier s’organise en deux temps. D’abord, l’achèvement des opérations ANRU 2 sur 2025-2027. Ensuite, le lancement progressif des conventions ANRU 3, avec des premières vagues attendues rapidement après l’adoption de la loi et la signature des accords locaux.
Où et comment candidater
- Sur les profils acheteurs des collectivités, bailleurs sociaux et SEM/SA d’aménagement impliqués dans les projets.
- Via les plateformes de marchés publics régionaux et départementaux, et le BOAMP pour les avis nationaux.
- En réseau: groupements momentanés d’entreprises (GME) pour répondre à des lots techniques ou multi-sites.
Conseils pratiques: préparez votre DUME, mettez à jour attestations et certifications (RGE, SS4, QUALIBAT/QUALIFELEC/QUALIGAZ selon métiers), et soignez les mémoires techniques. Les donneurs d’ordres valorisent les plans d’insertion, les engagements carbone vérifiables et les méthodologies de chantier en site occupé.
Sécuriser exécution et trésorerie
- Négociez les avances de démarrage et paiements mensuels. Vérifiez les clauses d’actualisation BT/FP.
- Anticipez l’approvisionnement critique (isolation, menuiseries, équipements CVC) pour tenir les délais.
- Mobilisez les garanties et cautions via Bpifrance ou votre banque pour limiter l’impact sur la trésorerie.
- Pilotez la conformité déchets et réemploi: diagnostics PEMD, bennes dédiées, traçabilité numérique.
Côté main-d’œuvre, la montée en charge impose d’assurer la formation continue. Montez des plans de montée en compétence sur la rénovation énergétique, la préfabrication bois, la sécurité amiante et la coordination SPS. Les heures d’insertion peuvent être une opportunité de recruter localement et de fidéliser.
Conclusion : capter la dynamique sans perdre le cap opérationnel
Le message du ministre est sans ambiguïté: “pas de budget, pas d’ANRU 3”. En garantissant le bouclage financier de l’ANRU 2 et en posant les jalons d’un ANRU 3 décentralisé, l’État veut offrir de la visibilité aux territoires et aux entreprises. Aux acteurs du BTP d’en profiter dès maintenant pour se positionner, structurer leurs offres et sécuriser l’exécution.
Le conseil aux artisans et PME: identifiez vos lots cibles, renforcez vos atouts en site occupé, formalisez vos engagements environnementaux et sociaux, et nouez des partenariats locaux. La rénovation urbaine qui s’ouvre n’est pas qu’un volume de travaux. C’est un marché exigeant, tourné vers la performance d’usage et la qualité de vie des habitants. Les mieux préparés feront la différence, et durablement.
Source · Batiactu



