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Batimat : relance du BTP et fin du « bâtiment bashing »

À Batimat, promesse de relance pour le BTP: fin du bâtiment bashing, règles stables, procédures allégées, priorité rénovation accélérée et commande publique.

Publié
N° 30/09
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Batiactu
Batimat : relance du BTP et fin du « bâtiment bashing »

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Batimat : une promesse de relance « puissante et robuste » pour le bâtiment

À l’occasion de son grand oral à Batimat, la leader du Rassemblement national s’est présentée en candidate « anti bâtiment bashing ». Devant un public de chefs d’entreprises, d’artisans et de prescripteurs, elle a assuré vouloir porter une « relance puissante et robuste » du secteur du BTP. Un signal politique fort, à l’approche de la présidentielle de 2027, qui met le bâtiment au cœur des débats économiques.

Au-delà de la formule, le message vise à répondre à une attente claire des professionnels : stabilité des règles, simplification des procédures et visibilité des carnets de commandes. Le discours a déroulé des thèmes familiers aux entreprises du bâtiment, de la rénovation énergétique à la commande publique, avec une ambition affichée de réhabiliter l’image du secteur et de lever les freins au chantier.

Un discours « anti bâtiment bashing » : réhabiliter l’acte de construire

Le positionnement « anti bâtiment bashing » promet de mettre fin aux discours stigmatisants sur la construction neuve et les métiers du chantier. Pour beaucoup d’artisans, cela se traduit par une demande simple : arrêter de changer les règles tous les six mois et reconnaître la valeur technique et sociale des métiers du BTP.

Dans cette logique, la candidate a insisté sur trois axes symboliques que la profession réclame régulièrement :

  • Stabilité normative : donner de la visibilité sur les trajectoires réglementaires (RE2020 et ses paliers, obligations de rénovation, ZAN) afin d’éviter l’effet accordéon sur les investissements matériels et la formation.
  • Respect des délais administratifs : accélérer l’instruction des permis et réduire les recours abusifs, identifiés par les maîtres d’œuvre et promoteurs comme un frein majeur au lancement d’opérations.
  • Valorisation des savoir-faire : encourager l’apprentissage, les reconversions et la montée en compétences, notamment autour des compétences RGE, de la performance énergétique et du bas carbone.

Ce cadrage vise à sécuriser l’activité, autant en rénovation qu’en construction, et à réinstaller la confiance là où la volatilité réglementaire pèse encore sur la trésorerie et les plannings.

Une relance « puissante et robuste » : leviers prioritaires évoqués

Le mot d’ordre de « relance » a été décliné en pistes concrètes, attendues par les entreprises. Sans chiffrage précis, plusieurs leviers ont été mis en avant comme structurants pour relancer l’acte de construire et soutenir les artisans.

  • Commande publique comme moteur : activer les investissements des collectivités et de l’État pour rénover écoles, hôpitaux, logements sociaux et bâtiments administratifs. Pour les entreprises, c’est un flux de marchés plus lisible, avec des programmations pluriannuelles.
  • Rénovation énergétique massifiée : stabiliser les dispositifs (type MaPrimeRénov’, CEE) et clarifier les parcours clients. Objectif implicite : un pipeline régulier d’interventions, du geste isolé au bouquet de travaux, porté par des entreprises RGE qualifiées.
  • Simplification administrative : alléger les procédures dans les petites opérations (extensions, réhabilitations), fluidifier les autorisations en zone tendue et sécuriser juridiquement les chantiers pour réduire les délais non productifs.
  • Lutte contre la concurrence déloyale : renforcer les contrôles sur le travail dissimulé, la sous-traitance en cascade et les montages qui fragilisent la qualité et les marges des entreprises régulières.
  • Cap sur la réindustrialisation : favoriser les matériaux produits en Europe, soutenir la préfabrication, le bois, le réemploi et les solutions bas carbone afin d’aligner performance environnementale et souveraineté d’approvisionnement.

La question cruciale des délais de paiement et de la trésorerie a également été mise en exergue par la salle : pour une relance solide, les entreprises veulent des circuits de règlement fiables (30 jours effectifs), des avances de démarrage sur marchés publics, et des mécanismes de révision de prix automatiques en cas de retour de l’inflation des matériaux.

Contexte 2026-2027 : des vents contraires mais des marchés porteurs

Le secteur arrive à l’orée de 2027 avec un paysage contrasté. Côté freins, la contraction du logement neuf pèse toujours dans plusieurs territoires, tandis que les coûts de financement restent un sujet pour les maîtres d’ouvrage. Les entreprises font face à des tensions de recrutement persistantes, et à une complexité normative autour de la RE2020, du Zéro artificialisation nette (ZAN) et des filières de gestion des déchets.

Côté opportunités, plusieurs segments demeurent dynamiques et porteurs de valeur :

  • Réhabilitation énergétique des copropriétés, maisons individuelles et tertiaire privé, soutenue par les objectifs climatiques et l’augmentation du coût de l’énergie.
  • Adaptation et entretien du patrimoine : écoles, bâtiments publics et logements sociaux, avec des plans de travaux étalés sur plusieurs exercices.
  • Infrastructures et aménagements liés à la transition écologique : réseaux de chaleur, bornes de recharge, désimperméabilisation, gestion des eaux pluviales.
  • Industrialisation du chantier : montée de la préfabrication, BIM, solutions hors-site, réduisant délais et aléas.

Les entreprises qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui conjuguent maîtrise technique et agilité commerciale : offres claires, services additionnels (maintenance, garantie de performance), traçabilité carbone et numérique de chantier. Dans ce cadre, toute politique publique favorable au bâtiment peut jouer un rôle d’amplificateur, à condition d’être lisible et durable.

Quelles actions engager dès maintenant dans vos entreprises ?

Au-delà des annonces, les dirigeants peuvent sécuriser leur trajectoire avec quelques actions pragmatiques. Voici une feuille de route concrète, adaptée aux TPE-PME comme aux ETI du BTP :

  • Sécuriser les prix et la marge : intégrer des clauses de révision dans les devis, cadrer les durées de validité, renégocier avec les fournisseurs des indexations transparentes et mutualiser certains achats.
  • Renforcer la qualification : consolider ou obtenir les labels RGE adaptés, former aux systèmes complexes (PAC, ventilation, enveloppe, photovoltaïque) et crédibiliser les offres sur les bouquets de travaux.
  • Fluidifier l’administratif : standardiser les pièces pour marchés publics, préparer des dossiers types (mémoire technique, PPSPS, plan de gestion des déchets), et anticiper les assurances obligatoires.
  • Accélérer la prospection : cibler les segments porteurs (copros, tertiaire PME, collectivités), soigner la réponse aux appels d’offres et travailler en groupement momentané d’entreprises pour élargir le spectre de compétences.
  • Numériser la chaîne de valeur : devis et suivi chantier en temps réel, BIM sur projets complexes, photothèque de preuves pour lever les réserves plus vite et limiter les litiges.
  • Montrer patte verte : quantifier l’impact carbone des solutions, formaliser un plan déchets et traçabilité, proposer des variantes bas carbone (bétons bas-CO₂, isolants biosourcés) quand elles sont compétitives.
  • Soigner la relation client : diagnostic clair, planning réaliste, réception structurée, SAV réactif. C’est un atout décisif pour déclencher des travaux en période d’incertitude.

Enfin, gardez le cap sur la visibilité commerciale : un mix équilibré entre rénovation, maintenance et petit neuf amortit les cycles. La diversification par métiers (énergie, enveloppe, CVC, élec, second œuvre) et par clients (public/privé) protège la trésorerie.

Conclusion : cap sur la visibilité et la constance

La promesse d’une « relance puissante et robuste » parle aux professionnels : ils attendent surtout de la constance, des règles claires et une mise en mouvement rapide de la commande publique. Quelles que soient les couleurs politiques, la réussite passera par une trajectoire lisible pour la rénovation énergétique, la simplification de l’acte de construire et la sécurisation des flux financiers.

Aux entreprises, le conseil est simple : consolidez les fondamentaux (marges, compétences, qualité d’exécution) et investissez dans ce qui crée de la prévisibilité commerciale. Si l’État tient la promesse de stabilité et d’accélération, le BTP saura transformer l’essai. Et si le contexte reste chahuté, ces mêmes leviers demeureront vos meilleurs atouts pour 2027.

Source · Batiactu

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